‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 405 sur 417 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

D. JUAN , SGANARELLE , sim:.

SGANARELLE

La laisser partir sans...

D. JUAN

Sais-tu bien , Sganarelle ,

Que mon cœur s’est encor presque senti pour elle? Ses larmes , son chagrin , sa résolution ,

Tout cela m’a fait naître un peu d’émotion.

Dans son air languissant je l’ai trouvée aimable.

SGANARELLE

Et tout ce qu’elle a dit n’a point été capable...

n. JUAN.

Vite, à dîner.

SGANARELLE

Fort bien.

Pourquoi me regarder?

Va, va, je vais bientôt songer à m’amender.

SGANARELLE

Ma foi! n’en riez point; rien n’est si nécessaire Que de se convertir.

LE FESTIN DE PIERRE

D. JUAN

C’est ce que je veux faire.

Encor vingt ou trente ans des plaisirs les plus doux , Toujours en joie ; et puis nous penserons à nous.

SGANARELLE

Voilà des libertins l’ordinaire langage ;

Mais la mort...

D. JUAN

Hem ?

SGANARELLE

Qu’on serve. Ah ! bon ! monsieur, courage ! Grande chère , tandis que nous nous portons bien.

(Il preud un moFceau dans un des plats qu’on apporte, et le mtl dans sa bouehc.)

D. JUAN

Quelle enflure est-ce là? Parle, dis, qu’as-tu ?

Rien,

D. JUAN

Attends , montre. Sa joue est toute contrefaite :

C’est une fluxion ; qu’on cherche une lancette.

Le pauvre garçon ! Vite : il le faut secourir.

Si cet abcès rentrait , il en pourrait mourir.

Qu’on le perce ; il est mûr. Ah î coquin que vous êtes ,

Vous osez donc...

SGANARELLE

Ma foi , sans chercher de défaites,

Je voulais1 voir, monsieur, si votre cuisinier N’avait point trop poivré ce ragoût : le dernier L’était en diable ; aussi vous n’en mangeâtes guère.

D. JUAN

Puisque la faim te presse , il faut la satisfaire.

Fais-toi donner un siège , et mange avecque moi ;

Aussi bien , cela fait , j’aurai besoin de toi.

Mets- toi là.

SGANARELLE , prenant un sicge.

Volontiers; j’y tiendrai bien ma place.

D. JUAN

Mange donc.

Vous serez content. De votre grâce,

Vous m’avez fait partir sans déjeuner; ainsi

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