SCÈNE VII
D. JUAN , SGANARELLE , sim:.
SGANARELLE
La laisser partir sans...
D. JUAN
Sais-tu bien , Sganarelle ,
Que mon cœur s’est encor presque senti pour elle? Ses larmes , son chagrin , sa résolution ,
Tout cela m’a fait naître un peu d’émotion.
Dans son air languissant je l’ai trouvée aimable.
SGANARELLE
Et tout ce qu’elle a dit n’a point été capable...
n. JUAN.
Vite, à dîner.
SGANARELLE
Fort bien.
Pourquoi me regarder?
Va, va, je vais bientôt songer à m’amender.
SGANARELLE
Ma foi! n’en riez point; rien n’est si nécessaire Que de se convertir.
LE FESTIN DE PIERRE
D. JUAN
C’est ce que je veux faire.
Encor vingt ou trente ans des plaisirs les plus doux , Toujours en joie ; et puis nous penserons à nous.
SGANARELLE
Voilà des libertins l’ordinaire langage ;
Mais la mort...
D. JUAN
Hem ?
SGANARELLE
Qu’on serve. Ah ! bon ! monsieur, courage ! Grande chère , tandis que nous nous portons bien.
(Il preud un moFceau dans un des plats qu’on apporte, et le mtl dans sa bouehc.)
D. JUAN
Quelle enflure est-ce là? Parle, dis, qu’as-tu ?
Rien,
D. JUAN
Attends , montre. Sa joue est toute contrefaite :
C’est une fluxion ; qu’on cherche une lancette.
Le pauvre garçon ! Vite : il le faut secourir.
Si cet abcès rentrait , il en pourrait mourir.
Qu’on le perce ; il est mûr. Ah î coquin que vous êtes ,
Vous osez donc...
SGANARELLE
Ma foi , sans chercher de défaites,
Je voulais1 voir, monsieur, si votre cuisinier N’avait point trop poivré ce ragoût : le dernier L’était en diable ; aussi vous n’en mangeâtes guère.
D. JUAN
Puisque la faim te presse , il faut la satisfaire.
Fais-toi donner un siège , et mange avecque moi ;
Aussi bien , cela fait , j’aurai besoin de toi.
Mets- toi là.
SGANARELLE , prenant un sicge.
Volontiers; j’y tiendrai bien ma place.
D. JUAN
Mange donc.
Vous serez content. De votre grâce,
Vous m’avez fait partir sans déjeuner; ainsi