‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 406 sur 417 · ACTE IV , SCÈNE VIL J’ai l’appétit, monsieur, bien ouvert, Dieu merci · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCÈNE VIL J’ai l’appétit, monsieur, bien ouvert, Dieu merci

D. JUAN

Je le vois.

SGANARELLE

Quand j’ai faim , je mange comme trente. Tâtez-moi de cela, la sauce est excellente.

Si j’avais ce chapon , je le mènerais loin.

(à la Violette qui lui veut donner une assiette blanche.) Tout doux , petit compère , il n’en est pas besoin ; Rengainez. Vertubleu ! pour lever les assiettes , j Vous êtes bien soigneux d’en présenter de nettes Et vous , monsieur Picard , trêve de compliment :

Je n’ai point encor soif.

D. JUAN

Va , dîne posément.

SGANARELLE

C’est bien dit.

D. JUAN

Chante-moi quelque chanson à boire.

SGANARELLE

Bientôt , monsieur ; laissons travailler la mâchoire. Quand j’aurai dit trois mots à chacun de ces plats...

Qui diable frappe ainsi?

D. JUAN, à un laquais.

Dis que je n’y suis pas.

SGANARELLE

Attendez , j’aime mieux l’aller dire moi-même.

Ah , monsieur !

D. JUAN

D’où te vient cette frayeur extrême ?

SGANARELLE, baissant la tête.

C’est le...

D. JUAN

Quoi?

SGANARELLE

Je suis mort.

D. JUAN

Veux-tu pas t’expliquer?

SGANARELLE

Du faiseur de... Tantôt vous pensiez vous moquer : Avancez, il est là ; c’est lui qui vous demande.

LE FESTIN DE PIERRE

Allons le recevoir.

D. JUAN

SGANARELLE

Si j’y vais, qu’on me pende.

D. JUAN

Quoi! d’un rien ton courage est sitôt abattu !

SGANARELLE

Ah ! pauvre Sganarelle, où te cacheras-tu ?

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