‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 410 sur 417 · ACTE Y, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE I

Prêt , au moindre remords , à calmer sa colère 1 !* Quels que soient les chagrins que par vous j’ai reçus , Vous vous en repentez, je ne m’en souviens plus. Tout vous porte à gagner cette grande victoire : L’intérêt du salut, celui de votre gloire.

Combattez , et surtout ne vous relâchez pas.

Mais , dans cette campagne , où s’adressent vos pas ? J’ai sorti de la ville exprès pour une affaire Où dès hier ma présence était fort nécessaire ,

Et j’ai voulu marcher un moment au retour ;

Mon carrosse m’attend à ce premier détour :

Venez.

D. JUAN

Non ; aujourd’hui souffrez-moi l’avantage D’un peu de solitude au prochain ermitage.

C’est là que , retiré , loin du monde et du bruit ,

Pour m’offrir mieux au ciel, je veux passer la nnU. Ma peine y finira. Tout ce qui m’en peut faire Dans ce détachement qui m’est si nécessaire ,

C’est que , pour mes plaisirs , je me suis fait prêter Des sommes que je suis hors d’état d’acquitter.

Faute de rendre, il est des gens qui me maudissent, Qui font...

D. LOUIS

Que là-dessus vos scrupules finissent.

Je paîrai tout , mon fils , et prétends de mon bien Vous donner...

Ah ! pour moi je ne demande rien :

Pourvu que par mes pleurs mes fautes réparées.. ,

D. LOUIS

O consolations! douceurs inespérées!

Tous mes vœux sont enfin heureusement remplis ; Grâce aux bontés du ciel , j’ai retrouvé mon fils ;

Il se rend à la voix qui vers lui le rappelle.

Je cours à votre mère en porter la nouvelle.

Adieu , prenez courage ; et , si vous persistez , N’attendez plus que joie et que prospérités.

1 Térence a dit :

Pro peccato magno pauhun supplici est satis patri.

Andr., acte V. sc. iii.

LE FESTIN DE PIERRE

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