ACTE Y, SCÈNE I
Prêt , au moindre remords , à calmer sa colère 1 !* Quels que soient les chagrins que par vous j’ai reçus , Vous vous en repentez, je ne m’en souviens plus. Tout vous porte à gagner cette grande victoire : L’intérêt du salut, celui de votre gloire.
Combattez , et surtout ne vous relâchez pas.
Mais , dans cette campagne , où s’adressent vos pas ? J’ai sorti de la ville exprès pour une affaire Où dès hier ma présence était fort nécessaire ,
Et j’ai voulu marcher un moment au retour ;
Mon carrosse m’attend à ce premier détour :
Venez.
D. JUAN
Non ; aujourd’hui souffrez-moi l’avantage D’un peu de solitude au prochain ermitage.
C’est là que , retiré , loin du monde et du bruit ,
Pour m’offrir mieux au ciel, je veux passer la nnU. Ma peine y finira. Tout ce qui m’en peut faire Dans ce détachement qui m’est si nécessaire ,
C’est que , pour mes plaisirs , je me suis fait prêter Des sommes que je suis hors d’état d’acquitter.
Faute de rendre, il est des gens qui me maudissent, Qui font...
D. LOUIS
Que là-dessus vos scrupules finissent.
Je paîrai tout , mon fils , et prétends de mon bien Vous donner...
Ah ! pour moi je ne demande rien :
Pourvu que par mes pleurs mes fautes réparées.. ,
D. LOUIS
O consolations! douceurs inespérées!
Tous mes vœux sont enfin heureusement remplis ; Grâce aux bontés du ciel , j’ai retrouvé mon fils ;
Il se rend à la voix qui vers lui le rappelle.
Je cours à votre mère en porter la nouvelle.
Adieu , prenez courage ; et , si vous persistez , N’attendez plus que joie et que prospérités.
1 Térence a dit :
Pro peccato magno pauhun supplici est satis patri.
Andr., acte V. sc. iii.
LE FESTIN DE PIERRE