‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 94 sur 417 · PHOCAS , PULCHÉRIE, EXUPÈRE , AMIN TAS · texte numérisé non relu

PHOCAS , PULCHÉRIE, EXUPÈRE , AMIN TAS

PHOCAS

Et toi , n’espère pas désormais me fléchir.

Je tiens Héraclius, et n’ai plus rien à craindre,

Plus lieu de te flatter, pluslieirde me contraindre.

Ce frère et ton espoir vont entrer au cercueil ,

Et j’abattrai d’un coup sa tête et ton orgueil.

Mais ne te contrains point dans ces rudes alarmes ;

Laisse aller tes soupirs , laisse couler tes larmes 2.

PULCHÉRIE

Moi, pleurer! moi, gémir, tyran! J’aurais pleuré Si quelques lâchetés l’avaient déshonoré.

S’il n’eût pas emporté sa gloire tout entière,

S’il m’avait fait rougir par la moindre prière ,

Si quelque infâme espoir qu’on lui dût pardonner Eût mérité la mort que tu lui vas donner.

Sa vertu jusqu’au bout ne s’est point démentie, i 1 n’a point pris le ciel ni le sort à partie ,

Point querellé le bras qui fait ces lâches coups ,

Point daigné contre lui perdre un juste courroux.

* Attendant que mon choix ; ce n’est pas là le mot propre, il veut dire en attendant que j’en dispose, en attendant que tout soit éclairci; du reste, on sent assez que cette scène est grande et pathétique. Il est vrai que Pulchérie y joue un rôle désagréable, elle n’a pas un mot à placer. Il faut, autant qu’on le peut, qu’un personnage principal ne devienne pas inutile dans la scène la plus intéressante pour lui. (V.)

2 Expression qui n’est ni noble ni juste. Un tyran peut être représenté periide , cruel, sanguinaire, mais jamais bas; il y a toujours de la lâcheté à insulter une femme, surtout quand on est son maître absolu. (V.)

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