‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 96 sur 417 · PHOCAS, EXUPÈRE , AM1NTAS · texte numérisé non relu

PHOCAS, EXUPÈRE , AM1NTAS

piiocas.

.l’écoute avec plaisir ces menaces frivoles 1 ;

Je ris d’un désespoir qui n’a que des paroles;

Et, de quelque façon qu’elle m’ose outrager,

Le sang d’Héraclius m’en doit assez venger.

Vous donc , mes vrais amis, qui me tirez de peine ,

Vous , dont je vois l’amour quand j’en craignais la haine » , Vous, qui m’avez livré mon secret ennemi,

Ne soyez point vers moi fidèles à demi ;

Résolvez avec moi des moyens de sa perte :

La ferons-nous secrète , ou bien à force ouverte? Prendrons-nous le plus sûr, ou le plus glorieux?

EXUPÈRE

Seigneur, n’en doutez point, le plus sûr vaut le mieux;

Mais le plus sûr pour vous est que sa mort éclate ,

De peur qu’en l’ignorant le peuple ne sc flatte,

N’attende encor ce prince , et n’ait quelque raison De courir en aveugle à qui prendra son nom.

PHOCAS

Donc , pour ôter tout doute à cette populace ,

‘Cette scène est adroite. L’auteur a voulu tromper jusqu'au speeta. teur , qui ne sait si Exupère trahit Phocas ou non ; cependant un peu de réflexion fait bien voir que Phocas est dupe de cet officier. Les trois principaux personnages de cette pièce, Phocas, Héraclius et Martian , sont trompés jusqu’au bout : ce serait un exemple très-dangereux à ûniter. Corneille ne se soutient pas seulement ici par l’intrigue, mais par de très-beaux détails. Toutes les pièces que d’autres auteurs ont faites dans ce goût sont tombées à la longue. On veut de la vraisemblance dans l’intrigue, de la clarté, de grandes passions, une élégance continue. (V.)

-Pourquoi craignait-il la haine d’Amintas? et s’il a craint la haine d’Exupère , dont il a fait tuer le père , pourquoi se fie-t-il à cet Exupère ?

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