‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 270 sur 434 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Pour célébrer une fête publique.

J’aurais aujourd’hui grand besoin D’avoir quelque pièce comique Qui fût marquée à votre coiu.

APOLLON

Hé quoi ! sans vous donner la peine De venir ici de si loin ,

N’est-il point là d’auteurs amoureux de la scène,

Qui du théâtre encor puissent prendre le soin ?

MERCURE

Depuis qu’un jieu trop tôt la Parque meurtrière Enleva le fameux Molière,

Le censeur de sou temps , l’amour des beaux esprits , La Comédie en pleurs, et la scène déserte.

Ont perdu presque tout leur prix :

Depuis cette cruelle perte ,

Les plaisirs , les jeux et les ris ,

Avec ce rare auteur sont presque ensevelis.

APOLLON

II faut réparer le dommage Que le destin a fait au théâtre françois,

Et tirer du tombeau quelque grand personnage,

Pour parattre encore une fois.

Plaute fut, en son temps , les délices de Rome,

Tel que Molière fut le charme de Paris ;

Il tient ici son rang parmi les beaux esprits :

Il faut consulter ce grand homme.

Qu’on le fasse venir.

MERCURE

Certes , je suis confus Des bontés que pour moi . ..

APOLLON

Finissons là-dessus.

Entre des dieux tels que nous sommes ,

Il ne faut pas de longs discours.

Laissons les compliments aux hommes ;

Ils eD sont les dupes toujours.

LES MÉNECHMES

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