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LES MÉN ECUMES.
VALENTIN
Je le sais; et, de pins, je sais que votre mère Mourut en accouchant de vous et de ce frère ;
Que vous êtes jumeaux , et que votre portrait En toute sa personne est rendu trait pour trait;
Que vos airs dans les siens sont si reconnaissables ,
Que deux gouttes de lait ne sont pas plus semblables.
LE CHEVALIER
Nous nous ressemblions , mais si parfaitement,
Que les yeux les plus lins s’y trompaient aisément;
Et notre père même , en commençant à croître ,
Nous attachait un signe afin de nous connoître.
VALENTIN
Vous m’avez dit cela déjà plus d’une fois.
Mais que fait cette histoire au trouble où je vous voisi
LE CHEVALIER
Ce n’est pas sans raison que j’ai l’âme surprise ,
Valentin. A ce frère appartient la valise ;
Et j’apprends , en lisant la lettre que je tiens,
Que notre oncle est défunt , et qu’il laisse ses biens A ce frère jumeau , qui doit ici se rendre.
VALENTIN
La nouvelle en effet a de quoi vous surprendre.
LE CHEVALIER
Écoute , je te prie , avec attention.
Ceci mérite bien quelque réflexion.
(11 lit)
« Je vous attends, monsieur, pour vous remettre comptant <i les soixante mille écus que votre oncle vous a laissés par « testament, et pour épouser mademoiselle Isabelle, dont je « vous ai plusieurs fois parlé dans mes lettres : le parti vous « convient fort , et sou père Démophon souhaite cette affaire « avec passion. Ne manquez donc point de vous rendre au « plus tôt à Paris , et faites-moi la grâce de me croire votre « très-humble et très-obéissant serviteur,
« Robertin. «
Itobertin, c’est le nom d’un honnête notaire Qui travaillait pour nous du vivant de mon père.
La date, le dessus, et le nom bien écrit,
Dans mes préventions confirment mon esprit.
Mon frère, pour venir au gré de cette lettre.