SCÈNE III
ARAMINTE, FINETTE ; LE CHEVALIER , à part.
ARAMINTE
Nous reverrons Ménecbme aujourd’hui: quelle joie!
Je ne puis demeurer en place , ni chez moi. %
Pareil empressement doit l’agiter, je croi.
Comment me trouves-tu ? dis , Finette.
FINETTE
Charmante.
Votre beauté surprend , ravit, enlève, enchante.
Il semble que l’amour, dans ce jour si charmant ,
Ait pris soin par mes mains de votre ajustement.
ARAMINTE
Cette fille toujours eut le goût admirable.
( Apercevant le chevalier qui s’approche. )
Ah! monsieur, vous voilà! Quel destin favorable.
Plus que je n'espérais, presse votre retour?
Et quel dieu près de moi vous ramène ?
LE CHEVALIER
L’Amour.
ARAHINTF..
L’Amour! Le pauvre enfant!
LF, CHEVALIER.
Votre aimable présence
Me dédommage bien des chagrins de l’absence.
Non , je ne vois que vous qui , sans art , sans secours, Puissiez paraître ainsi plus jeune tous les jours.
ARAMINTE
Fi donc, badin! L’amour quelquefois, quoique absente, A votre souvenir me rendait-il présente ?
Votre portrait charmant , et qui fait tout mon bien ,
Que je reçus de vous quand vous prîtes le mien Me consolait un peu d’une absence effroyable :
Le mien a-t-il sur vous fait un effet semblable?
LE CHEVALIER
Votre image m’occupe et me suit en tous lieux ;
La nuit même ne peut vous cacher à mes yeux.