SCÈNE IX
ÉRASTE, CRISPIN
ÉRASTF..
Est-il bien vrai , Crispin P et ton ardeur sincère.. .
CRISPIN
Envoyez donc, monsieur, chercher un commissaire . Je l'attends de pied ferme.
ÉRASTE
Ah ! juste ciel ! c’est toi.
Je ne me trompe point.
CRISPIN
Oui , ventrebleu , c’est moi.
Vous venez de me faire une rude algarade.
ÉRASTE
Ta pudeur a souffert d’une telle incartade.
CRISPIN
L’ardeur de vous servir m’a donné cet habit;
Et, comme vous voyez, mon projet réussit.
Avec de certains mots j’ai conjuré l’orage -.
Ici de deux pareuts j’ai fait le personnage ;
Et j’ai dit, en leur nom, de telles duretés.
Qu’ils seront , par ma foi , tous deux déshérités.
' ÉRASTE
Quoi !
CRISPIN
Si vous m’aviez vu tantôt faire merveille , En noble campagnard, le plumet sur l’oreille , Avec un feutre gris, longue brette au côté,
Mon air de bas Normand vous aurait enchanté. Mais , il faut dire vrai , cette coiffe m’inspire Plus d’intrépidité que je ne puis vous dire :
Avec cet attirail , j’ai vingt fois moins de peur ; L’adresse et l’artifice ont passé dans mon cœur. Qu’on a , sous cet habit, et d’esprit et de ruse !
Enfin de ses neveux l’oncle se désabuse;
11 fait un testament qui doit combler mes veux. Est-il dans l’univers un mortel plus heureux?
LE LÉGATAIRE UNIVERSEL