ACTE IV, SCÈNE I. 4A
Fortune , je sens bien l’effet de ton courroux !
LISETTE
C’est à moi de pleurer , et je perds plus que vous.
- CRISPIN
Allons , mes chers enfants, il faut agir de tête ,
Et présenter un front digne de la tempête :
Il n’est pas temps ici de répandre des pleurs ;
Faisons voir un courage au-dessus des malheurs.
ÉRASTE
Que nous sert le courage , et que pouvons-nous faire? crispik.
Il faut premièrement, d'une ardeur salutaire,.
Courir au coffre-fort , sonder les cabinets ,
Démeubler la maison , s’emparer des effets.
Lisette, quelque temps tiens la bouche cousue.
Si tu peux : va fermer la porte de la rue ;
Empare-toi des clefs, de peur d’invasion.
LISETTE
Personne n’entrera sans ma permission.
Que l’ardeur du butin et d’un riche pillage N’emporte pas trop loin votre bouillant courage;
Surtout, dans l’action , gardons le jugement.
Le sort conspire en vain contre le testament :
Plutôt que tant de bien passe en des mains profanes.
De Gérante défunt j’évoquerai les mânes ;
Et vous aurez pour vous , malgré les envieux ,
Et Lisette , et Crispin , et l’enfer , et les dieux.