SCÈNE II
LISETTE, ÉRASTE, CRISPIN
LISETTE, à Éraste.
Les notaires, monsieur, viennent là-bas d’entrer;
Je les ai mis tous deux dans cette salle basse.
Voyez : que voulez- vous , s’il vous plaît , qu’on en fasse ?
ÉRASTE
Je vois à tous moments croître mon embarras.
Fais-en , ma pauvre enfant , tout ce que tu voudras. Savent-ils que mon oncle a perdu connaissance.
Et qu’il ne peut parler ?
Non , pas encor, je pense.
, ÉRASTE
Crispin...
LE LEGATAIRE UNIVERSEL.
CRISPIN
Monsieur.
ÉRASTE
Hélas!
CRISPIN
Hélas !
ÉRASTE
Juste ciel!
crispin.
Ha!
ÉRASTE
Que ferons-nous , dis-moi ?
CRISPIN
Tout ce qu’il vous plaira.
Quoi! les renverrons-nous?
CRISPIN
Eli! qu’en voiriez-vous faire?
Qu’en pouvons-nous tirer qui nous soit salutaire ?
LISETTE
Je vais donc leur marquer qu’ils n’ont qu’à s’en aller.
ÉRASTE , arrêtant Lisette.
Attends encore un peu. Je me sens accabler.
Crispin , tu vas me voir expirer à ta vue.
CRISPIN
Je vous suivrai de près, et la douleur me tue.
LISETTE
Moi ! je n’irai pas loin. Faut-il nous voir, tous trois, Comme d’un coup de foudre , écraser à la fois?
CRISPIN
Attendez... 11 me vient... Le dessein est bizarre;
Il pourrait par hasard... J’entrevois... Je m’égare,
Et je ne vois plus rien que par confusion.
LISETTE
Peste soit l’animal avec sa vision !
ÉRASTE
Fais-nous part du dessein que ton cœur se propose.
Allons , mon cher Crispin , tâche à voir quelque chose.
CRISPIN
Laisse-moi donc rêver... Oui-dà... Non... Si pourtant...