ACTE IV , SCÈNE II
Pourquoi non?... On pourrait...
LISETTE
Ne rêve donc point tant ; Les notaires là-bas sont dans l’impatience :
Tout ici ne dépend que de la diligence.
CRISPIN
11 est vrai ; mais enfin j’accouche d’un dessein Qui passera l’effort de tout esprit humain.
Toi , qui parais dans tout si légère et si vive ,
Exerce à ce sujet ton imaginative ;
Voyons ton bel esprit.
LISETTE
Je t’en laisse l’emploi.
Qui peut en fourberie être si fort que toi ?
L’amour doit ranimer ton adresse passée.
CRISPIN
Paix... Silence... 11 me vient un surcroît de pensée.
J’y suis, ventrebleu 1
LISETTE
Bon.
CRISPIN
Dans un fauteuil assis...
LISETTE
Fort bien...
CRISPIN
Ne troublez pas l’enthousiasme où je suis. Un grand bonnet fourré jusque sur les oreilles ;
Les volets bien fermés...
LISETTE
C’est penser à merveilles.
CRISPIN
Oui, monsieur, dans ce jour, au gré de vos souhaits, Vous serez légataire, et je vous le promets.
Allons, Lisette, allons, ranimons notre zèle;
L’amour à ce projet nous guide et nous appelle.
Va de l’oncle défunt me chercher quelque habit ,
Sa robe de malade, et son bonnet de nuit :
Les dépouilles du mort feront notre victoire.
LISETTE
Je veux en élever un trophée à ta gloire :
Et je cours te servir. Je reviens sur mes pas.
le légataire universel.