ACTE III. SCÈNE XII
LE MARQUIS , mettant l’épéc à la [nain.
Ah ! c’est trop endurer.
HECTOR, au marquis.
Alt ! monsieur, arrêtez.
LE MARQUIS, à Hector.
Laissez-moi donc.
nECTOR, au marquis.
Tout beau !
VALÈRE , à Hector.
Cesse de le contraindre :
Va , c’est un malheureux qui n’est pas bien à craindre. HECTOR, au marquis.
Quel sujet...
’ LE MARQUIS, fièrement à Hector.
Votre maître a certains petits airs...
(Valère s'approche du marquis.) (Le marquis, effrayé, dit doucement.)
Et prend mal à propos les choses de travers.
On vient civilement pour s’éclaircir d’un doute ,
Et monsieur prend la chèvre ; il met tout en déroute ,
Fait le petit mutin. Oh! cela n’est pas bien.
HECTOR, au marquis.
Mais encor quel sujet?
■LE MARQUIS, à Hector.
* Quel sujet? Moins que rien.
L’amour de la comtesse auprès de lui m’appelle...
HECTOR, an marquis.
Ah! diable, c’est avoir une vieille querelle.
Quoi ! vous osez , monsieur, d’un cœur ambitieux , Sur notre patrimoine ainsi jeter les yeux !
Attaquer la comtesse , et nous le dire encore !
LE MARQUIS , à Hector.
Bon ! je ne l’aime pas ; c’est elle qui m’adore.
VALÈRE, au marquis.
Oh ! vous pouvez l’aimer autant qu’il vous plaira : C’est un bien que .jamais on ne vous enviera :
Vous êtes en effet un amant digne d’elle.
Je vous cède les droits que j’ai sur cette belle.
HECTOR
Oui , les droits sur le cœur ; mais sur la bourse , non.
LE MARQUIS, à part, mettant sou épée daus le fourreau. Je le savais bien , moi , que j’en aurais raison ;
94 LE JOUEUR
■ Et voilà comme il faut se tirer d’une affaire.
HECTOR , au marquis.
N'auriez-vous point besoin d’un peu d’eau vulnéraire
LE MARQUIS , à Valèrc.
Je suis ravi de voir que vous ayez du cœur,
Et que le tout se soit passé dans la douceur.
Serviteur. Vous et moi , nous en valons deux autres. Je suis de vos amis.
Je ne suis pas des vôtres.