‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 185 sur 404 · MERLIN . LISETTE · texte numérisé non relu

MERLIN . LISETTE

MERLIN

Bonjour , ma chère enfant. Qui est cette vieilie madame avec qui tu étais en conversation P

LISETTE

Quoi! tu ne connais pas madame Bertrand, la tante de ma maltres.se ?

, HERUN.

Si fait yraiment , je ne connais autre ; je ne l'avais pas bien envisagée.

LISETTE

C'est une femme fort à son aise, qui a de bonnes rentes sur la ville, des maisons à Paris. Ludle est fort bien apparentée, au moins.

MEBLIN.

Oui , mais elle n'en est pas plus riche.

LISETTE

Il ne faut désespérer de rien; cela peut venir. S'il lui mourait trois oncles, deux tantes, trois couples de cousins gei^ mains, deux paires de neveux et autant de nièces » elle se trouverait une fort grosse héritière.

HERUN.

Comment diable ! Mais sais-tu bien qu'en temps de peste , cette fille-là pourrait devenir un très-gros parti?

LISETTE

Le parti n'est pas mauvais dès à présent; et la beauté...

HERUN.

Tu as raison , sa beauté tient lieu de tout, et mon maître est absolument déterminé à l'épouser.

USETTE.

Et elle, absolument déterminée à épouser ton maître.

MERLIN

Il y aura peut-être quelque tribulation à essuyer au retour de notre bonhomme de père : mais il ne reviendra pas sitôt, nous aurons le temps de nous préparer; et mon maître ne sera pas malheureux, s'il n'a que ce chagrin-là de son mariage.

LISETTE

Comment donc? que veux-tu dire ?

Le mariage est sujet à de grandes révolutions.

LISETTE

Ah I ah ! tu es encore un plaisant visage , de croire que Clitandre puisse jamais se repentir d'avoir épousé Lucile , une fille que j'ai élevée!

MERLIN

Tant pis.

LISETTE

Une fiUe belle , jeune , et bien faite !

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