‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 251 sur 404 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Pour célébrer une fête publique, J'aurais aujourd'hui grand besoin D'avoir quelque pièce comique Qui fût marquée à Yotre coin.

APOLLON

Hé quoi! sans vous donner la peine

De venir ici de si loin , N'est-il point là d'auteurs amoureux de la scène , Qui du tliéàtre encor puissent prendre le soin ?

MERCURE

Depuis qu'un peu trop tôt la Parque meurtrière

Enleva le fameux Molière, Le censeur de son temps , l'amour des beaux esprits , La Comédie en pleurs , et la scène déserte ,

Ont perdu presque tout leur prix :

Depuis cette cruelle perte ,

Les plaisirs , les jeux et les ris , Avec ce rare auteur sont presque ensevelis

APOLLON

Il faut réparer le donmiage Que le destin a fait au théâtre françois, Et tirer du tombeau quelque grand personnage ,

Pour paraître encore une fois.

Plaute fut , en son temps , les délices de Rome , Tel que Molière fut le charme de Paris ; 11 tient ici son rang parmi les beaux esprits :

Il faut consulter ce grand homme.

Qu'on le fasse venir.

MERCURE

Certes , je suis confus Des bontés que pour moi. ..

APOLLON

Finissons là-dessus.

Entre des dieux tels que nous sommes , 11 ne faut pas de longs discours.

Laissons les compliments aux hommes ; Us en sont les dupes toujours,

284 LES MÊNECHMES.

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