‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 390 sur 404 · ACTE IV, SCÈNE VIÎ · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIÎ

.«TRABON.

Madame, par hasard , n'êtes-vous point ma femme?

CLÉANTUIS.

Monsieur, par aventure, étes-Tous mon époux ?

8TRAB0N.

11 faut que cela soit; car je sens que pour vous' Dans mon cœur tout à coup ma flamme est amortie, Et fait en ce moment place à Tantipathie.

GLâANTBlS.

Ah ! te voilà donc , traître 1 après un si long temps , Qui famène en ces lieux ? qa'est-oe que ta prétends ?

STEABON.

M'en aller au plus tAt« Que ma surprise est forte ! Difr-moi , ma chère enfant , pourquoi n*es-tu pas morte ?

CLéARTBIS.

Pourquoi n'es-tu pas mortel Indigne , scélérat. Déserteur de ménage , et maudit renégat , Pour t'arracber les yeuXi . .

STRABON

Ahl doucement, madame!

(à part.) O pouvoir de l*hymen, quel retour en mon âme !

CLÉANTBIS, à part.

Je ressentais pour lui les transports les plus doux - Hélas ! qu'allais-je faire ? Il était mon époux.

( Haul. ) Va , fuis. Que le démon , qui te prit en ton gtte Pour t'amener ici , f y remporte au plus vite. Évite ma Aireur ; retourne dans tes bois.

STRABON

U ne vous faudra pas me le dire deux fois. J'aime mieux être ermite, et brouter des racines. Revoyager vingt ans , nu-pieds , sur des épines , Que de vivre avec vous. Adieu.

cUanthis.

Que je le hais !

STRABON

Qu'elle est laide à présent I et qu'elle a l'air mauvais !

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