SCÈNE ZIll
Le baron d’AÜBIGNAC, Gascon; LISETTE^
SOTENCOUR.
LE BARON
Ahi monsieur, jé vous cherche. Ehl permettez dé; grâce» Qué sans plus différer ici je vous embrasse.
SOTENCOUR.
Pour la première fois l’accueil est fraternel.
LE BARON
N’est-cé pas vous, monsieur, qui vous nommez un telt
SOTENCOUR.
Oui, je me nomme un tel; mais j’ai, ne vous déplaise. Encore V5i' autre nom.
LE BARON
Jé viens vous montrer Taise Qué j’ai d'avoir appris qué vous vous mariez.
SOTENCOUR.
Je ne mérite pas, monsieur, tant d’amitiés.
LE BARON
Nul né prend plus qué moi dé part à cette affaire.
SOTENCOUR.
El pourquoi, s’il vous plaît, peut-elle tant vous plairet*
LE BARON
Pourquoi? Getté démande est bonne l Mainténant Qué vous allez rouler déssus l’argent comptant,
Yotis né férez, je crois, loyal comme vous êtes,
Nuile diffîeulté dé bien payer vos dette*}.
LE BAL
SOTENCOUR.
Grâces au ciel, monsieur, je ne dois nul argent.
Et vais le front levé, sans crainte du sergent.
LE BARON
Cinq cents louis pour vous c’est une vagatelle;
Allons, payez-les-moi.
SOTENCOUR.
La demande est nouvelle î Sotencour est mon nom; me connaissez- vous bien?
LE BARON
Sotencour... justément, c’est pour vous qué jé vien,
SOTENCOUR.
Je vous dois quelque chose 1
LE BARON
Eh donc , lé tour est drôle I C’est cet argent, monsieur, qué, sur votré parole,
Jé vous ai très-gagné, l’autre hiver, à trois dés.
SOTENCOUR.
A moi, monsieur?
LE BARON
A vous.
SOTENCOUR.
Et, parbleu! vous rêvez:
Pour connaître vos gens mettez mieux vos lunettes.
LE BARON
Comment! chétif mortel, vous déniez vos dettes!
Vous né connaissez plus lé baron d’Aubignac,
Vicomté dé Dougnac, Groupignac, Foulignac, Gentilhommé gascon , plus noblé qué personne,
D’uné race ancienne autant qué la Garonne?
Quand elle le serait tout autant que le Nil,