SCÈNE XIII
Votre propos, monsieur, n’est ni beau ni civil.
Je ne vous connais point, ni ne veux vous connaître.
LE BARON
Il né méconnaît pasi lé scélérat, lé traître I Né vous souvient-il plus dé cet hiver dernier.
Quand notré régiment fut chez vous en quartier.
Un jour dé carnaval, chez cetté conseillère
Qui m’adorait... Eh donc, vous mémorez l’affaire î
SOTENCOUR.
Pas plus qu’auparavant, je ne sais ce que c’est.
LE BARON, mettant la main sur so7i épée,
Ahl jé vous en férai souvenir, s’il vous plaît;
Car, cadédis, jé veux qué lé diablé mé scie...
LISETTE, r arrêtant.
Ah I tout beau : dans ce lieu point de bruit, je vous prie. Monsieur est honnête homme, et qui vous paîra bien.
SOTENCOUR.
Moi, payer I Ehl pourquoi, si je ne lui dois rien?
LE BAROxN.
Veus né mé dévez rien?
LISETTE
Un Gascon n’est pas homme A venir sans sujet demander une somme.
SOTENCOUR.
Un Gascon I un Gascon a grand besoin d’argent •
Et, pourvu qu’il en trouve, il n’importe comment. Jamais de son pays ne vint lettre de change ;
Et, quoiqu’il mange peu, si faut-il bien qu’il mange.
LISETTE
Donnez-lui seulement deux ou trois cents écus.
LE BAL
SOTKNCOUR.
J’aimerais mieux cent fois vous voir tous. deux pendus;
LE BARON, l\épée à la main.
C’est trop contre un faquin réténir ma colère.
LISETTE, au baron.
Ehl de grâce, monsieur l
LE BARON
Non, non, laissez-moi faire;
Qué jé lé perce à jour.
SQ;rKNCOT:R crie.
A l^de 1 je suis mort.
SCÈBS Z!V
GÉRONTE, SOTENCODR, LISETTE, Le baron luiS-, d’AUBIGNAC.
M. GÉRONTE
Pour quel sujet, messieurs, criez-vous donc si fort?
LE BARON
Un atomé bourgeois qui perd sur sa parole,
Et né veut pas payer]... Mais cé qui mé console,
Jé veux dévénir nul, ou j’en aurai raison.
m; GÉRONTE.
Que veut dire cela?
SOTENCOUR, à Gérante.
Monsieur, c’est un»fripon.
Un Gascon affamé qui cherche à vous surprendre.
LE BARON, à Gérante, voulant percer Sotencour. Rélirez-vous, monsieur.