SCÈNE III
jM. D'HERBÈS, ERNEST PASSEBON.
ERNEST, (n entre en fumant.)
Eh! bonjour, d'Herbes! comment ça va-t-il ce matin? Il fait très-chaud. (En dehors.) Thomas, donne à boire à Spark... Un cheval de race comme vous n'en avez jamais monté, d'Herbes; race du Devonshire, croisée avec le pays de Galles. Son père se nomme Plain, sa mère Hilî; Plaine et Montagne, tels sont les auteurs de ses jours. Fumez-vous, d'Herbes? Non... tant pis! Vous avez quatre heures d'ennui de plus que moi... Eh ! l'adorable veuve n'est donc pas levée sur l'horizon?... Il fait nuit en plein soleil... Quelle diable d'idée a-t-elle de donner des matinées musicales! La musique n'est bonne à entendre que la nuit! elle vous endort! c'est un service. Mon ennemi, le petit Edmond, n'est pas arrivé encore? En voilà un qui m'oxyde les nerfs comme une contre-basse enrhumée! un amoureux transi au mois de juillet! et qui se plante comme un saule pleureur sous les fenêtres de madame de Valmont ! Ah ! si celui-là trouve jamais une femme, je me fais ermite avant d'être vieux. Et toi, d'Heibès, où en es-tu, avec tes amours? Tais-toi avec ton silence bavard! tu aimes la belle veuve. Parbleu! nous l'aimons tous en masse! Nous la demandons tous en mariage. C'est une course au clocher. Dix amoureux engagés sur le turf. Je tiens la corde et je les étranglerai tous. Taistoi, te dis-je ! j'entends la voix de la belle adorée; je vais la recevoir. Amour, seconde mon courage! comme dit foconde, mon patron...
(Il fredonne : Amour, seconde mon courage! et court du côté de la maison.)