ACTE II, SCÈNE I
la vâtre, je veux vous tenir lieu de pucelle et de prophé-
lesse.
LIONEL
Madame, retournez à Paris! Nous voulons vaincre par nos boimes armes, non par les femmes.
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Allez! allez! Depuis que vous êtes dans le camp, tout marche
176 LA PUCBLI.E D'ORLÉANS.
LE DUC DE BOURGOGNE
Il a vengé un père et un époux.
• ISABEAU
Il s'est établi juge de mes mœurs.
UONEL.
C'était irrévérence de la part d'un Gis!
AGTE II, SCKNE II. 177
LE DUC DE BOURGOGNE
C'est vrai ! C'est là une gloire que vous avez soutenue avec force d'âme.
ISABEAU
J'ai des passions, le sang chaud, comme une autre, et je suis venue comme reine dans ce pays, pour vivre, non pour paraître. Fallait-U être morte à la joie, parce qu'un sort maudit avait associé à un époux en démence mon ardente jeunesse? J'aime ma liberté plus que la vie, et quiconque y attente.... Mais pourquoi discuter avec vous sur mes droits ? Un sang épais coule lentement dans vos veines ; vous ne connaissez pas le plaisir, mais seulement la fureur brutale. Et ce duc, qui toute sa vie a chancelé entre le mal et le bien, ne sait ni haïr, ni aimer de tout cœur.... Je vais à Melun. Donnez-moi ce chevalier qui me plaît (tlk montre Lionel), pour mon passe-temps et ma société, et puis faites ce que vous voudrez. Je ne m'inquiète ni des
178 LA PUCELLE D'ORLÉASS.
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Une terreur aveugle , la rapide impression du moment nous ont seules vaincus. Vu de plus près, ce spectre de l'imagination alarmée s'évanouira en furaée. Mon avis est donc qu'au point du jour nous ramenions l'armée au delà du fleuve contre l'ennemi.
LE DUC DE BOURGOGNE
Réfléchissez....
LIONEL
Avec votre permission, il n'y a pas à réfléchir ici. îl nous faut regagner au plus vite ce que nous avons perdu , ou nous sommes déshonorés h Jamais. »
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