ACTE Iir, SCÈNE IV
que nous venons de renouveler unJra-t-elle encore les fîls de nos neveux dans les siècles reculés?
JEAHME, après un moment de silence. Rois et souverains! craignez la dissension! N'éveillez pas la discorde, dans son antre, où elle dort; car, une fois éveillée, il lui faudra un long temps pour s'apaiser de nouveau. Elle s'enfante à elle-même une postérité , une race de fer, et à l'incendie s'allume et se propage l'incendie.... Ne demandez pas d'en savoir davantage! Jouissez du présent. Laissez-moi cacher et taire l'avenir!
^GNÈS.
Sainte fille, tu lis dans mon cœur, tu sais s'il aspire h. une vaine grandeur ; rends-moi aussi un oracle consolant.
JEANNE
L'esprit ne me montre que les grands destins du monde ; ton sort repose dans ton propre sein.
DUNOIS
Mais quel sera ton sort , à toi , fille auguste, que le ciel chérit? Sans doute il te réserve la plus belle félicité de ce monde, puisque tu es si pieuse et si sainte.
JEANNE
La félicité habite là-haut dans le sein de notre Père étemel.
Ici, en présence de mon roi et de ce saint évèque, je lui offre ma main comme à mon auguste épouse, si, à ses yeux, je suis digne qu'elle l'accepte.
CHARLES
Pille irrésistible, tu entasses miracles sur miraclesl Oui, maintenant Je crois qu'il n'est rien qui te soit impossible. Tu as dompté ce cœur superbe qui, jusqu'ici, bravait la toute-puissance de l'amour.
LA HiBE s'avance.
La plus belle parure de Jeanne, si je la connais bien, c'est son cceur modeste. Elle est digne de l'hommage des plus grands, mais jamais elle n'élèvera si haut son désir.... Elle n'aspire point, dans un vertige d'ambition", à la grandeur terrestre; la sincère affection d'un cœur loyal, et le sort paisible que je lui offre avec cette main , lui suffisent.
CHARLES
Toi aussi, La Hire? Deux dignes prétendants, égaux en vertus héroïques et en gloire guerrière!... Veux-tu, toi qui m'as réconcilié mes ennemis, rétabli l'union dans mon royaume, diviser mes plus chers amis? Elle ne peut appartenir qu'à un seul, et je les juge tous deux dignes d'un tel prix. A toi donc de parler; il faut ici que ton cœur décide.
AGNÈS s'approche.
Je vois :
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