ACTE V, SCÈNE XIV. Î
JEANNE, après l'avoir longtemps regardé d'un œU fixe. NoD, je ne suis pas une magicienne! Assurément, je ne le suis pas.
LE ROI
Tu es sainte comme les anges, mais nos yeux étaient couverts de ténèbres.
JEANNE regarde autour d'elle, en scmmnt avec sèrénilè.
Et je suis réellement au milieu de mon peuple , et je ne suis plus méprisée ni repoussée? On ne me maudit pas, on me regarde avec bontéï... Oui, maintenant je commence à tout reconnaître distinctement ! Voici mon roi ! Voici les bannières de France! Mais je ne vois pas mon drapeau.... Où est-ilî je ne puis venir sans mon drapeau : il m'a été confié par mon maître, il faut que je le dépose devant son trdne. Je puis le montrer, car je l'ai porté fidèlement.
LE ROI, détournant le visage.
Donnez-lui le drapeau! {On le lui présente. Elle se tient debout, droite , et sans appui, le drapeau à la main. — 1£ ciel est éclairé rf'uoe lueur rosée.)
JEANNE
Voyez-vous dans les airs l'arc-en-ciel? Le ciel ouvre ses portes d'or, elle est là debout, éclatante, dans le chœur des anges, elle porte sur son sein son fils étemel, elle me tend les. bras en souriant.... Qu'est-ce que j'éprouveî... De légers nuages me soulèvent.... Ha lourde cuirasse se transforme en (unique ailée. Là-haut.... là-haut.... La terre fuit sous moi.». Courte est la donleur, étemelle la Joie!
(Le drapeau échappe de sa main, eUe tombe morte dessus.... Tout demeurent longtemps dans une muette émotion. — Sur un signe du Roi, on dépose douecTnent sur elle tous ks drapeatas, de maniire qu'elle en est entièrement couverte.)
FIANCEE DE MESSINE
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