‹ Theatre de Schiller;Chapitre 181 sur 335 · UN HOMME DU CHOEUR (MANFRED · texte numérisé non relu

UN HOMME DU CHOEUR (MANFRED

Belle est la paix ! Elle ressemble à un jeune enfant qui repose au bord d'un paisible ruisseau, et les agneaux bondissent joyeusement autour de lui, paissant le gazon qu'éclaire le soleil. 11 tire de sa flûte de doux sons, et l'écho de la montagne s'éveille, ou bien, aux rouges lueurs du couchant, le ruisseau qui Murmure le berce et l'endort.... Mais la guerre a aussi son charme et sa gloire, la guerre qui agite la destinée humaine. Moi, j'aime une vie animée ; j'aime cet éternel mouvement qui vous fait balancer et flotter sur la vague de la fortune, haute et basse tour à tour.

Car l'homme languit dans la paix ; un repos oisif est la tombe du courage. La loi est l'amie du faible» elle ne tend qu'à tout niveler et aplanirait volontiers le monde ; mais la guerre fait paraître la force, elle élève tout à une grandeur non commune, même au lâche elle donne du cœur.

UN SECOND (bÉRENGER).

Les temples de l'amour ne sont-ils pas ouverts? Le monde ne court-il pas adorer la beauté? Là est la crainte! là l'espoir ! Là est roi qui platt aux yeux. L'amour aussi agite la vie, il en rehausse les teintes grisâtres^ L'aimable fille de l'écume des mers trompe nos belles années par de charmantes illusions, et sur le triste et vulgaire tissu de la réalité elle brode les images des rêves d'or.

ou LES FRÈRES ENNEMIS. • 291

Page 1