‹ Theatre de Schiller;Chapitre 182 sur 335 · LE PREMIER ( MANFRED · texte numérisé non relu

LE PREMIER ( MANFRED

Suivons l'austère Diane, l'amie de la chasse, dans la forêt sauvage, là où la nuit des bois est le plus épaisse , et précipitons le bouquetin du haut du rocher. Car la chasse est une image des combats, la joyeuse fiancée du sévère dieu de la guerre.... On est debout dès l'aurore , quand le joyeux fracas des trompes TOUS appelle dans la vallée au sol fumant , vous invite à franchir les monts, les ravins , à baigner vos membres fatigués dans des flots d'air rafraîchissant.

LE SECOND (bÉRENGER).

Ou voulez- vous vous confier à la déesse azurée qui jamais n'a de repos, et qui, nous oflrant son riant miroir, nous attire dans son domaine sans bornes ? Nous construirons-nous sur la vague flottante un château qui nage gaiement ? Celui qui , de la proue rapide de son vaisseau , laboure la verte plaine , le cristal de Tonde, celui-là épouse la fortune, le monde lui appartient; pour lui , sans qu'il ait semé , la moisson fleurit. Car la mer est le théâtre de l'espérance , l'empire capricieux des hasards. Là le riche devient subitement pauvre , et le plus pauvre l'égal du prince. Comme le vent, avec la vitesse de la pensée, fait tout le tour du compas , ainsi changent ici les lots du destin , ainsi tourne la roue de la fortune. Sur les flots tout est flot mobile , sur la mer il n'est point de propriété.

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