LE SECOND CHOEUR ( BOHÉMOND , ROGER , HIPPOLYTE
Terrassons-les ! Terrassons-les !
DON MANUEL s^avancô entre eux , l'épée nue. Arrêtez !
LE PREMIER CHOEUR ( GAÉTAN)
C'est le prince !
LE SECOND CHŒUR (BOHÉMOND)
C'est son frère! Restez en paix !
DON MANUEL
J'étends mort à mes pieds sur ce gazon le premier qui, ne fût-ce qu'en fronçant les sourcils, continue la lutte et menace son adversaire ! Êtes-vous en démence ? Quel démon vous excite à rallumer les flammes de l'ancienne discorde ^ui entre nous, vos princes, est apaisée et conciliée à jamais?... Oui a commencé ? Parlez ? Je veux le savoir.
LE PREMIER CHŒUR (GAÉTAN, BÉRENGER)
lis étaient ici....
LE SECOND CHOEUR (ROGER , bohémond), interrompant. Ils venaient....
DON MANUEL , ttu premier Chœur.
Parle, toi.
LE PREBUER CHŒUR ( GAÉTAN )
Nous venions ici, mon prince, pour offrir, comme tu. nous l'avais ordonné, les présents d'hyménée. Parés pour une fête, et nullement , tu le vois , préparés à la guerre , nous suivions en paix notre route , sans aucune pensée hostile , et nous fiant à l'accord juré. Mais voilà que nous les trouvons, campés en ennemis dans ce lieu^ et nous en fermant l'entrée de vive force.
DON MANUEL
Insensés! Nul asile n'est-il donc à l'abri de votre folle et aveugle rage ? Jusque dans le séjour silencieux et caché de l'innocence, votre discorde pénètre-t-elle pour troubler la paix? ( Au second Chœur. ) Retire-toi ! 11 y a ici des secrets qui ne souffrent pas ta présence téméraire. ( Comme le Ch<Bur hésite.) Arrière! Ton maître te l'ordonne par moi , car nous sommes maintenant une seule Ame, une seule tête , et mon ordre est aussi le sien. Va! {Au premier Chœur.) Toi demeure et garde l'entrée.
LE SECOND CH(£UR (bOHÉMOND).
*Que faire ? Les princes sont réconciliés, cela est vrai, et se jeter avec ar^ieur et sans mission dans les débats et les querelles des grands n'attire guère de reconnaissance , mais plutôt des dangers. Car , aussitôt que le puissant est las de combattre, il se hâte de jeter sur l'homme obscur qui Ta servi de bonne foi le manteau sanglant du crime, et le voilà pur lui-même à peu de frais. Que les princes s'arrangent donc entre eux, je tiens qu'il est plus sage d'obéir. ( U second Chœur s'en va, le premUr se retire vers le fond de la scène. Au mime instant , Béatrice sUanti du pavillon et se jette dans les bras de don Manuel, }