‹ Theatre de Schiller;Chapitre 202 sur 335 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Le théâtre représente la rive escarpée qui domine le lac des Quatre-Cantons, Tis-à-Tis de Schwytz. — Le lac ouTre une baie dans les terres; non loin de Ja rive est une cabane; un jeune pêcheur conduit sa barque sur feau. Au delà du lac y on voit les vertes prairies, les villages et les fermes du canton de Schwytz y éclairés d'un brillant soleil. A la gauche du spectateur, se montrent les pointes du Haken, entourées de nuages. A droite, dans un fond lointain, on Toit les glaciers. Avant même que le rideau se lève, on entend le ranx des vaches et la sonnerie harmonieuse des clochettes des troupeaux, qui, après que la scène est ouverte, se prolonge encore pendant quelque temps.

LE JEUNE PÊCHEUR chanU dam sa barque.

Air du ranjv des vaches.

Le lac est riant, il invite au bain* L'enfant s'est endormi sur la verte rive, et dans son sommeil il entend une mélodie douce comme le son des flûtes, comme les voix des anges dans le pa* radis.

Et lorsqu'il s'éveille dans un céleste ravissement, il sent les vagues qui ondoient autour de sa poitrine» et du fond une voix lui crie : « Cher enfant, tu es à moii Je séduis le dormeur et Tattire au âein des ondes. »

LE BERGER chantô sur la monUigne.

Variation du ranx des vaches.

Adieu , prairies et pâturages que dore le soleil ! Il faut que le berger parte : l'été a fui. Nous irons à la montagne, nous reviendrons, au temps où le coucou appelle, où les chansons se réveillent, où la terre se revêt de nouvelles fleurs, où les sources coulent, au doux mois de mai.

Adieu, prairies et pâturages que dore le soleil ! Il faut que le berger parte : Tété a fui.

LE CHASSEUR DES ALPES paraît en face^ au haut des rochers»

Seconde yariation.

Les hauteurs tonnent, le sentier tremble : Tarcher est sans peur sur ce chemin qui donne le vertige : il marche audacieux sur des champs de glace ; là nul printemps ne brille , là ne verdit aucun bourgeon. Une mer de brouillards sous les pieds, il ne reconnaît plus les cités des hommes , et ce n'est que par la fente des nuages qu'il aperçoit le monde, et bien loin au-dessous des eaux la campagne verdoyante.

L'aspect du paysage change, on entend un sourd craquement qui vient des montagnes. Des ombres projetées par les nuages parcourent Ja contrée.

RUODI, h pêcheur, sœ-t de la cabatie; WERNI, le chasseur, descend du rocher ; KUONI , k berger , vient avec le seau à traire lur l'épaule; SEPPI, son jeune aide, le suit.

RUODI.

Fais vite, Jenni : rentre la barque. Voilà le sombre bailli du val qui nous arrive : le glacier mugit sourdement. Le Mythen met son bonnet , et il vient un vent froid du trou des tempêtes. L'ouragan sera ici, je crois, avant que nous y pensions.

KUONL

Il vient de la pluie, batelier. Mes brebis broutent Therbe avidement, et mon chien gratte la terre.

WERNI.

Les poissons sautent et la poule d'eau plonge. Un orage est en route.

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