‹ Theatre de Schiller;Chapitre 205 sur 335 · ACTE I, SGËNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SGËNE I

{Yioknts coups de tonnerre. Bruyante agitation du lac.) On veut que je me jette dans la gueule de Tenfer ? Il faudrait, pour cela, avoir perdu la raison.

TELL

Uhomme de cœur ne pense à soi qu'en dernier lieu. Aie foi en Dieu, et sauve l'opprimé.

RUÔDI.

Du port où l'on est en sûreté, il fait bon donner des conseils. Voici la barque et voilà le lac; essayez-le!

TELL

Le lac peut le prendre en pitié, mais non le bailli. Essaye, batelier.

BERGERS et CHASSEURS.

Sauve-le! sauve-le! sauve-le!

RUODI.

Et quand ce serait mon frère et mon propre enfant, c'est impossible. C'est aujourd'hui Saint-Simon et Saint-Jude; le lac est furieux et veut avoir sa victime.

TELL

De vains discours ne mènent à rien. L'heure presse ; il faut que cet homme soit sauvé. Parle, batelier, veux-tu le passer?

RUODI

Non, pas moi !

TELL

Eh bien, au nom de Dieu! donne ta barque; je ferai de mon mieux.

KUONI.

Ah! brave Tell!

WERin.

Voilà qui ressemble au chasseur des Alpes!

BAUHGARTEN.

Tell, vous êtes mon sauveur et mon ange gardien !

TELL

Je vous sauverai de la puissance du bailli. Pour échapper à l'orage, il faut un autre secours. Mais mieux vaut tomber dans les mains de Dieu que dans celles des hommes. {Au Berger. ) Pays, vous consolerez ma femme, s'il m'arrive malheur. J'ai fait ce que je ne pouvais me dispenser de faire, (il saute dans la barque,)

Kuom, au Picheur.

Pilote, vous êtes un maître bateliers et ce que Tell a osé tous ne pouviez le risquer!

RUODI.

De plus forts que moi n'imiteraient pas Tell. Il n'y en a pas deux comme lui dans la montagne.

wsRNi est monU sur le rocher* Le voilà déjà qui pousse au large. Que Dieu te soit en aide, vaillant rameur ! Voyez comme la barque danse sur les vagues!

KUONi, sur la rive.

. Le flot passe par-dessus.... Je ne la vois plus. Attendez, la voilà encore. Le brave homme se pousse vigoureusement à travers la lame.

SEPPI.

Les cavaliers du bailli accourent à bride abattue.

Kuom.

Dieu ! ce sont eux. Il était grand temps de le secourir. {Une troupe de Cavaliers de Landenberg.)

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