‹ Theatre de Schiller;Chapitre 222 sur 335 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

plus; essaye de vivre avec nous un seul jour.... Aujourd'hui seulement ne va pas à Altorf.... Entends- tu? pas aujourd'hui; accorde aux tiens cette seule journée. {Il lui prend la main.)

RUDENZ.

J'ai donné ma parole.... Laissez-moi.... Je suis engagé. ATTiNGHAUSfiN, laissant sa main et d'un ton grave.

Tu es engagé.... Oui, malheureux! tu Tes, mais non par parole et par serment ; tu es lié par les liens de l'amour. (Rudetiz se détourne. ) Cache-toi comme tu voudras. C'est la jeune héritière, Bertha de Bruneck, qui t'attire au château, qui t'enchaîne au service de l'empereur. C'est sa noble main que tu veux conquérir en devenant infidèle à ton pays.... Ne t'y trompe pas! Pour te séduire, on te montre la fiancée; mais ce n'est pas à ton innocence qu'elle est réservée.

RUDENZ.

J'en ai assez entendu. Adieu. {Il s'éloigne.)

ATTINGHAUSEN.

Jeune insensé, demeure!... 11 s'en va. Je ne puis le retenir, le sauver.... C'est ainsi que Wolfenschiessen a trahi la cause de son pays.... D'autres suivront de même. La séduction étrangère entraîne la jeunesse, avide de s'élancer par delà nos montagnes.... 0 heure fatale, où l'influence étrangère est venue dans ces vallées paisiblement heureuses, pour y corrompre la pieuse innocence des mœurs ! La nouveauté pénètre ici toute-puissante ; l'antique esprit, les vénérables coutumes lui cèdent la place; d'autres temps viennent; la génération présente vit dans d'autres idées. Qu'ai-je à faire ici? Ils sont ensevelis, tous ceux avec qui j'ai agi et vécu. Mon temps, à moi , repose déjà sous la terre. Heureux celui qui n'a point à vivre avec le temps nouveau !

(// sort.)

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