‹ Theatre de Schiller;Chapitre 226 sur 335 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

sommes ennemis en justice , ici nous sommes d'accord. (/{ lui teeauê la main.)

STAUFFACHER

C'est bravement parler.

WINKELRIED

Entendez-vous? ils viennent. Entendez la corne d'Uri! (A droite et à gauche on voit descendre des rochers des hommes armés , avec des torches,)

JEAN AUF DER ICAUER

Voyez ! le pieux serviteur de Dieu , le vénérable curé luimême , ne descend-il pas là avec les autres? Il ne redoute ni les latigues du chemin , ni Thorreur de la nuit y pour se dévouer en pasteur fidèle à son troupeau.

BAUMGARTEN

Le sacristain le suit et Walther Fûrst ; mais quoi ? je n'aper^ çois pas Tell dans le nombre. .

WALTHKR PÛRST, RÔSSELMANN le curi, PETERMANN le sacristain, KCONI le berger,' WERNI le chasseur, RUODI le pécheur y et cinq autres Montagnards. Tous ensemble, au nombre de trente-trois y viennent sur le devant et se placent autour eu feu.

WALTHER FÛRST.

n faut donc que pour nous réunir sur notre propre héritage, sur notre sol paternel, nous nous glissions à la dérobée, comme font des meurtriers; que nous nous cachions dans la nuit, qui ne prête son voile sombre qu'au crime et aux complots qui craignent le soleil : et cela, pour réclamer ensemble notre bon droit, qui pourtant est clair et pur comme le brillant éclat d'un jour sans nuages!

MELCHTHAL.

Qu'importe? Ce qu'aura tramé la nuit sombre paraîtra librement et sans remords à la lumière du soleil.

RÔSSELIIANN.

Écoutez, confédérés, ce que Dieu m'inspire. Nous tenons ici la place d'une assemblée des cantons , et représentons tout un peuple. Eh bien , siégeons selon les anciens usages du pays ,

comme nous avons coutume de faire dans les temps paisibles. Ce qu*il y a d'illégal dans notre réunion , le besoin des temps l'excusera. Dieu est partout où Ton exerce la justice , et nous sommes ici debout sous la voûte de son ciel.

STAUFFACHER

C'est vrai, siégeons selon les antiques coutumes. Il fait nuit, mais la lumière de notre droit nous éclaire.

Le nombre n'est pas complet, mais les cœurs de tout le peuple sont avec nous, et les meiUeurs^ comme dit la loi, sont présents.

CONRAD HUNN.

Nous n'avons pas sous la main les anciens livres , mais ils sont écrits dans nos cœurs.

RÔSSELHANN.

Eh bien , formons donc le cercle sans retard , et qu'on plante en terre les glaives , symbole du pouvoir !

JEAN AU7 DER MAUBR

Que. le landammann prenne sa place , et que ses assesseurs

se tiennent à ses côtés.

LE SACRISTAIN

Nous sommes trois cantons. Xuquel appartient-il de donner un chef à l'assemblée?

HJ£lKx\«

Que Schwytz et Uri se disputent cet honneur. Nous, gens d'Unterwald , nous y renonçons de notre plein gré.

MELCHTHAL.

Nous y renonçons ; car nous sommes les suppliants , qui demandons assistance à nos puissants amis.

STAUFFACHER

Qu'Uri prenne donc le glaive : sa bannière précède la nôtre dans l'armée quand nous accompagnons l'empereur à Rome.

L'honneur du glaive doit revenir à Schwytz : c'est la souche dont nous nous vantons tous d'être issus.

RÔSSELMANN.

Laissez-moi terminer à l'amiable ce généreux débat : Schwyte nous conduira dans le conseil , Uri dans les combats.

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