‹ Theatre de Schiller;Chapitre 302 sur 335 · Voyez page · texte numérisé non relu

Voyez page

500 DEMÈTRIUS.

LE ROI

Levez-vous, czarine! Ce n'est point là votre place, ce n'est point la place de la fiancée du czar, de la fille de mon premier woiwode. Vous êtes la plus jeune parmi vos sœurs, mais votre esprit, dans son vol, devance votre fortune, et votre grand cœur aspire à la plus grande destinée.

Sois témoin, grand roi, de mon serment. Je le dépose comme prince dans les mains d'un prince! J'accepte la main de cette noble demoiselle, comme un précieux gage de bonheur. Je jure que, dès que je serai monté sur le trône de mes pères, je la conduirai solennellement, comme ma fiancée, dans mon palais, ainsi qu'il convient à une grande reine. Comme présent d'hymen, je donne à mon épouse les principautés de Pleskow et de Gross-Neugard, avec toutes les villes, bourgs et habitants, avec tous les pouvoirs et droits de souveraineté, en libre propriété et à jamais ; et cette donation, je la lui veux confirmer, comme czar, dans ma ville capitale de Moscou. Au noble woiwode, je compterai, comme indemnité de son armement, un million de ducats au coin de Pologne '

Que Dieu m'aide et tous ses saints, aussi vrai que mon serment est sincère, et que je le tiendrai fidèlement I

LE ROI

Vous le tiendrez; vous n'oublierez jamais ce que vous devez au noble woiwode, qui risque, à servir vos vœux, son bonheur assuré, et, sur la foi de vos espérances, son enfant chéri. Un ami si rare doit être gardé précieusement. Quand vous serez heureux, n'oubliez donc jamais par quels degrés vous êtes monté au trône, et ne changez pas de cœur en changeant de vêtement. Songez que c'est en Pologne que vous vous êtes découvert vousmême, que ce pays vous a donné une seconde naissance.

J'ai grandi dans une humble condition ; j*ai appris à respecter les beaux liens qui attachent l'homme-à l'homme par un mutuel penchant.

LEROL

Mais VOUS allez entrer dans un royaume où d'autres mœurs

Page 1