‹ Theatre de Schiller;Chapitre 307 sur 335 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Vue d'un couvent grec, dans une contrée déserte et glacée , sur le lac

Belosero (Bielosersk).

Une troupe de RELIGIEUSES, avec des robes noires et des voiles noirs, passe sur la scène^ dans le fond; MARPA, avec un voile blanc y se tient séparée des autres, appuyée sur la pierre d'un tombeau; OLGA sort de la troupe des Religieuses, s* arrête un moment à regarder Marfa,puis vient plus près d'elle,

Ton cœur ne te poùsse-t-îl pas à sortir avec nous pour jouir, en plein air, du réveil de la nature? Le soleil revient et la longue nuit lui cède la place; la glace des fleuves se rompt, le traîneau devient barque, et les oiseaux du printemps voyagent. Le monde est ouvert, une nouvelle ardeur de vivre nous attire toutes, de nos étroites cellules, sous un ciel libre et serein, dans la campagne rajeunie. Et toi seule, abîmée dans une éternelle douleur, tu ne veux pas partager l'allégresse commune?

IfARFA.

Laisse-moi seule et suis tes sœurs ! Se réjouisse et se récrée qui peut encore espérer. L'année, qui r^eunit le monde, ne peut rien m'apporter; pour moi, tout est le passé; tout s'étend derrière moi comme déjà écoulé.

OLGA

Pleureras-tu éternellement* ton fils et seras-tu toujours en deuil de ta grandeur perdue? Le temps, qui répand son baume sur toutes les blessures du cœur, n'est-il sans pouvoir que sur toi? Tu fus la czarine de ce grand empire, tu fus la mère d'un

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