‹ Theatre de Schiller;Chapitre 327 sur 335 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

La duchesse. Son conseiller. La princesse. Les lords. Toutes les recherches pour trouver Edouard sont vaines , on ne le rencontre nulle part. La duchesse conçoit un affreux soupçon. Elle envoie chercher Warbeck.

Éric et l'ambassadeur parlent d'un meurtre qui a dû être commis ; ils ont, disent-ils, entendu crier au secours ; lorsqu'ils sont accourus, ils ont vu du sang sur le sol. La duchesse et la princesse sont en proie à la plus grande émotion.

Warbeck vient. La duchesse le reçoit avec ces mots : « Où est mon neveu? Qu'en avez-vous fait? » Comme il hésite, elle le traite sans détour de meurtrier. A cette parole , tous les lords montrent une grande agitation. Elle répète son accusation avec plus de force. Les lords lui reprochent d'imputer une si horrible action au duc son neveu. La colère alors lui arrache son secret. « Duc!dit-elle. Un York! Lui, mon neveu! » — Et elle raconte en peu de mots toute l'imposture. La princesse chancelle, elle va tomber : Warbeck veut aller à elle. La princesse se précipite dans les bras de la duchesse. Warbeck veut se tourner vers les lords ; ils reculent avec horreur. Dans ce moment, l'homme redouté, le comte Kildare est annoncé. La duchesse dit : « Il vient à pro-^ pos. Je n'avais pas désiré son arrivée, mais maintenant il est le bienvenu. Il connaît mes neveux, il a élevé leur enfance. » —

550 WARBECK.

Elle se tourne vers Warbeck : « Cache-toi, si tu peux I Vois si tu pourras encore soutenir ton rôle devant ce témoin. »

Kildare entre. Warbeck se tient aussi loin qu'il peut de lui, et il a baissé les yeux vers la terre. — La duchesse va au-devant de Kildare. « Vous venez pour embrasser un prince d'York ; maiheureux homme ! Vous ne le trouverez pas , etc. » Avant de répondre , Kildare jette les yeux autour de lui et aperçoit Warbeck. Il s'approche, hésite, s'étonne, et crie : « Que vois-je? » Warbeck , à ces mots , se redresse , regarde le comte en face , et s'écrie : * Mon père! ^ — Kildare s'écrie de même : « Mon fils! » — « Son fils? » répètent tous les assistants, Warbeck s'élance dans les bras de son père. Kildare demeure frappé d'étonnement; il ne sait que dire ni que penser. Il prie les assistants de le laisser un moment seul avec Warbeck. C'est ce qu'on fait par égard pour lui. En même temps, on annonce qu'on vient d'amener deux meurtriers ; la duchesse s'éloigne à la bâte pour les interroger.

Warbeck reste seul avec Kildare , qui est encore tout stupéfait de retrouver son fils en la personne du prétendu prince d'York. Warbeck lui raconte tout en peu de mots. Kildare remercie la Providence et bénit ses voies. 11 déclare à Warbeck qu'il n'est pas son fils.... qu'il a dérobé le nom auquel il a droit réellement; qu'il est un fils naturel d'Edouard lY; qu'il est né York. L'énigme de ses sentiments obscurs s'explique à ses yeux , le mystère de sa destinée se débrouille tout à coup. Dans Teicès de sa joie , il jette loin de lui tout le fardeau de ses tourments passés; il prie Kildare de ^e laisser s'éloigner un moment

Kildare et les lords. Ceux-ci sont au désespoir de la fourberie qu'on a jouée, et déplorent leur existence perdue, leurs espérances détruites.

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