ACTE IV, SCÈNE VI
BURLEI6H.
La voici! , '
LEiCBSTER 'patwwrX la letUff, sans changer de contenance. C'est la main de la Stuart !
Lisez et soyez confondu.
LEiCESTER, avec calme, après avoir lu.
L'apparence est contre moi , mais j'ai le droit d'espérer qu'on ne me jugera pas sur l'apparence.
ELISABETH
Pouvez-vous nier que vous ayez eu une secrète intelligence avec la Stuart, que vous ayez reçu son portrait, que vous lui ayez fait espérer sa délivrance ?
LEICESTER
Il me serait facile , si je me sentais coupable , de repousser le témoignage d'une ennemie; mais ma conscience est libre, je reconnais qu'elle n'a écrit que la vérité.
ELISABETH
Ëh bien donc , malheureux 1
BURLÈIGH.
Sa propre bouche le condamne.
ELISABETH
Sortez de ma vue! A la Tour.... traître !
LEICESTER
Je ne le suis pas. Ma faute a été de vous faire un mystère de cette démarche ; mais mon intention était loyale; je n'ai agi que pour pénétrer votre ennemie , pour la perdre.
ELISABETH
Misérable défaite!
BURLEIGH
Gomment, milord? vous croyez....
J'ai joué un jeu hardi , je le sais , et le comte Leicester pouvait seul, à cette cour , risquer une telle action. Combien je hais la Stuart, tout le monde le sait. Le rang que j'occupe, la confiance dont la reine m'honore , doivent écarter tout soupçon de la fidélité de mes sentiments. L'homme que votre faveur dis-
tingue entre tous peut bien s'ouvrir hardiment sa route à lui, pour faire son devoir.
BURLEIGH
Pourquoi , si le dessein était bon , en avez-vous fait un secret ?
LEICESTER
Milor4 , vous avez coutume de bavarder avant d'agir , et vous êtes vous-même la cloche de vos actions. C'est votre manière à vous, milord. La mienne est d'agir d'abord et de parler ensuite.
BURLEIGH
Vous parlez maintenant parce que vous y êtes contraint. LEICESTER, le mesurant des yeux avec orgueil et dédain.'
El vous vous vantez d'avoir accompli une œuvre merveilleuse, d'avoir sauvé votre reine, d'avoir démasqué la trahison.... Vous savez tout , rien ne peut échapper, pensez-vous , à votre regard pénétrant.... Pauvre fanfaron! En dépit de vos talents de limier, Marie Stuart était libre aujourd'hui même, si je n'y eusse mis obstacle.
BURLEIGH
Vous auriez....
LEICESTER
Moi-même, milord. La reine s'est confiée à Mortimer, elle lui a ouvert son âme , elle est allée jusqu'à lui donner contre Marie un ordre sanglant , après que l'oncle s'était refusé avec horreur à une telle commission.... Dites! cela n'est-il pas ainsi? {La Reine et Bv/rleigii se regardent , frappés Sétonnement. )
BURLEIGH
Comment êtes-vous parvenu à savoir cela ?
LEICESTER
Gela n'est-il pas ainsi?... Eh bien ! milord, où aviez-vous vos dix fois cent yeux pour ne pas voir que ce Mortimer vous trompait? que c'était un papiste forcené, un instrument des Guise, une créature de la Stuart , un fanatique audacieux et résolu, qui était venu pour délivrer Marie Stuart, pour tuer la reine.... , ELISABETH , avec un extrême étannemenl.
Ce Mortimer !
LEICESTER
C'est par lui que Marie entretenait des relations avec moif^