SOPHIE , PAULINE , CONSTANCE
CONSTANCE arrive précipitamment ; elle dit :
Sophie...:
( Ensuite, voyant Pauline , elle s'arrête. Il y a un moiijient de silence, pendant lequel Pauline les examine.)
SOPHIE, à Constance.
Conslance , VOUS nous cherchiez?
PAULINE
Oui , elle est charmée de nous trouver ensemble... ! cela est peint sur sa physionomie !
CONSTANCE
Pourquoi, Pauline, penseriez- vous le contraire? Je vous aime l'une et l'autre également, vous le savez bien.
PAULINE
Assurément, quand la confiance est établie comme elle l'est entre nous trois , si l'une est absente, les deux autres la désirent ou la cherchent : c'est ce que nous
allions faire , ma sœur et moi , quand vous êtes arrivée. A présent que nous voilà réunies, nous allons bien causer; allons, asseyons-nous. ( Elle tire un banc. )
SOPHIE, bas à Constance.
Il faut dissimuler.
CONSTANCE , bas à Sophie.
Nous ne trouverons donc jamais le moment de lire cette letire ! ( Elle s^ arrête , parce que Pauline tourne la tête , et les regarde.^
PAULINE
Eh bien! je vous y prends déjà.
SOPHIE
Quoi?
PAULINE
A parler bas...; en vérité, cela n'est pas supportable...; j'ose dire qu'on serait en droit d'attendre , de deux personnes aussi prudentes , aussi discrètes, aussi parfaites , un peu plus de politesse ; mais je ne veux pas pousser plus loin l'importunité , je vais vous laisser le champ libre. Adieu, Sophie, je ne vous contraindrai plus, je vous fuirai désormais, puisque je ne puis vous plaire que de cette manière ►
iS LA CURIEUSE,
Ma chère Pauline, que vous êtes cruelle! Resiez, je vous en conjure....
PAULINE
Non, ma sœur, non.... A vous dire le vrai, je me fais beaucoup de violence.... Si je rosiais, vous lu'impalienleriez, el j'aimerais mieux me fâcher que de m^en aller; mais il faut apprendre à se vaincre. Adieu... ( Elle sort brusquement. )
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