SCENE VI
PAULINE évanouie , ROSE.
ROSE
Lls voilà parties...! Mon Dieu ! que vaisje devenir ici toute seule...! Mademoiselle Pauline.... î Mademoiselle Pauline.... ! k\\ Jésus ! elle est comme morte...; et puis couchée là sur le gazon tout mouillé. ... ! quelle pitié cela fait...! V'ià la pluie qui redouble... ah ! bon Dieu! quel tonnerre! quel orage î je suis transie.... mais il n'y a pas moyen
ï3o LA CimiEmE,
d'alxiiKlonner celle pauvre demoiselle... Si je pouvais seuiement la soulever un peu... Je n'en ai pas la force.... ! on ne rentend pas respirer...; la peur commence à me saisir.... Ah Sauveur! quel coup de tonnerre....! je n'ai pas une goutte de sang dans les veines.... ! [Elle prend les mains de Pauline.) Elle esl froide comme glace... Mon Dieu, mon Dieu , ayez pitié d'elle... 11 fait si noir cpje je ne vois pas où je suis.... Je voudrais l'asseoir sur le siège de gazon , mais je ne sais où il est.... Ah ! v'ià une lanlerne, servons -nous- en.... [Elle va chercher la lanterne que la marquise avait posée à terre. Elle revient auprès de Pauline , et la regarde â la lueur de la lanterne?) Ciel! comme elle est pâle.... ! Ses cheveux sont trempés.... il faut l'ôter absolument de là,... [Elle pose sa lanterne à terre f elle essaie de lei^er Pauline.)\\ fait si glissant... ! Oh quel éclair...! Las! Dieu merci, j'en suis venue à bout. (Elle assied Pauline sur le siège de gazon , et la tient dans ses bras. ) Je crois qu'elle soupire.... Ah! la v'ià qui se ranime....
PAULINE
Où suis-je...? Ma mère.,., où est-elle...?
COMÉDIE. i3i
Mademoiselle... VOUS éles seule avec moi, avec Rose....
PAULINE
Mon frère.... qu'est-iî devenu....?
Je ne sais rien de nouveau ; Je ne vous
ai pas quittée....
PAULINE
Je l'ai dénoncé.... ses jours sont en danger.... Ah! courons.... je ne puis.,.. (Elle retombe sur le siège de gazon.)
ROSE
Ah Seigneur ! la v'ià qui retombe en syncope.... Mademoiselle.... !
PAULINE
Eh quoi! ne pourrai-je mourir....? Mon frère....? on l'enlève peut-être, et c est moi, c'est moi qui le livre à la mort.... ! et je ne puis nie traîner vers ma mère... ! la force m'abandonne...; il faut donc que j expire ici..., oubliée , délaissée de tout ce qui m'est cher.... !
ROSE
Entendez- VOUS ces cris?
PAULINE
Grand Dieu ! tout mon cœur se glace... ! Ah! sans doute, en cet instant on arrache
j32 la curieuse,
mon malheureux frère des Ijras de sa mère désespérée....
ROSE
Le bruit augmente.... O ciel! je crois qu'on force les portes du château....
PAULINE
Je ne puis me soutenir... Courez , Rose , allez savoir.... allez....
J'y vais, je reviendrai bientôt. (^Eîle sort, et emporte lu lanterne avec elle.)