SCÈNE VI
CLARICE, seule.
Je ne puis retenir mes larmes.... Ah! j'ai raison d'en répandre... ; est ce là être aimée..? quelle indifFércnce, quelle froideur.! Depuis qu'il est sûr de mes sentimens , voilà ce que j'éprouve...; et je n'ai pu m'en détacher, je ne le pourrai même jamais... Inconcevable faiblesse ! quoi ! c'est moi qui m'afflige..., qui me désespère..! à quel point je suis changée ! Eh bien ! s'il me trahit , une autre conquête plus brillante peutêtre consolera ma vaniié.... je verrai reparaître une foule d'adorateurs que l'amoar avait éloignés.... Maismoncœursera-t-il satisfait, ou seulement occupé? Non, non , cessons de m'abuser. La coquetterie peutelle remplacer le sentiment que j'éprouve..! elle aurait pu m'en préserver; mais qu'elle paraît insipide après l'amour..! Ce voyage.. quel peut en être le but...? Que m'importe d'être trompée , si je ne suis pas aimée ? ne dois- je pas m'attendre à tout? Allons le
2o4 ZÉLIE,
retrouver, je veux l'interroger encore.... O Dieu ! que je suis devenue cllfférèiiië iJe moi-même I {Ellf sort.^),,^'^
. , r FIN DU SECOND ACTE.
COMÉDIE. 2o5
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