ACTE IV, SCÈNE I. IG
Dans la rapidité des choses sitôt faites.—
Je suis fou. Je n'ai plus une idée en son lieu.
Ma raison, dont j'étais si vain, mon Dieu! mon Dieu!
Prise en un tourbillon d'épouvante et de rage ,
N'est plus qu'un pauvre jonc tordu par un orage!
Que faire? Pensons bien. D'abord empêchons-la
De sortir du palais. — Oh oui , le piège est là.
Sans doute. Autour de moi tout est nuit, tout est gouffre.
Je sens le piège , mais je ne vois pas. — Je souffre !
C'est dit. Empêchons-la de sortir du palais.
Faisons-la prévenir sûrement, sans délais. —
Par qui? — je n'ai personne!
Il rêve avec accablement. Puis tout à coup, comme
frappé d'une idée subite et d'une lueur d'espoir, il
relève la tête.
Oui, donGuritan l'aime I
C'est un homme loyal ! oui !
Faisant signe au paye de s'approcher. Bas.
Page , à l'instant même , Va chez don Guritan , et fais-lui de ma part Mes excuses, et puis dis -lui que sans retard Il aille chez la reine et qu'il la prie en grâce ,^ En mon nom comme au sien , quoi qu'on dise et qu'on fasse . De ne point s'absenter du palais de trois jours. Quoi qu'il puisse arriver. De ne point sortir. Cours!
Rappelant le page.
Ah!
// tire de son garde-notes une feuille et un crayon.
Qu'il donne ce mot à la reine, et qu'il veille I
Il écrit rapidement sur son genou.
— « Croyez don Guritan , faites ce qu'il conseille! »
// ploie le papier et le remet au page.
Quant à ce duel, dis-lui que j'ai tort, que je suis A ses pieds, qu'il me plaigne et que j'ai des ennuis, Qu'il porte chez la reine à l'instant mes suppliques. Et que je lui ferai des excuses publiques.
17U KLV BLAS.
Qu'elle est en grand péril. Qu'elle ne sorte point. Quoi qu'il arrive. Au moinstroisjours !— Depointenpoinl Fais tout. Va, sois discret, ne laisse rien paraître.