‹ Théâtre de Victor Hugo. 3e sérieChapitre 201 sur 208 · TROISIÈME PARTIE, SCENE III · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, SCENE III

Je sens qu'en ce moment je puis faire un grand pas , Faire une chose horrible ! . . . — Oh ! ne me poussez pas !

Donc sauve l'innocent et punis le coupable!

OTBERT , prenant le couteau.

Mais ne voyez- vous pas que j'en serais capable? Savez-vous que je n'ai qu'à demi ma raison ? Qu'ils m'ont fait boire là je ne sais quel poison , Eux, ces spectres masqués, pour me rendre la force"? Que ce poison m'a mis au cœur une ame corse? Que je sens Régina qui se meurl? et qu'enfin La louve est là dans l'ombre , et la tigresse a faim !

Il est temps! il est temps que mon crime s'expie, Donato m'implorait ici. Je fus impie.

Otbert, sois sans pitié comme je fus sans cœur ! Je suis le vieux Satan , sois l'archange vainqueur !

OTBERT, levant le couteau.

De ma main, malgré moi, Dieu! le meurtre s'échappe!

JOB, à genoux devant lui.

Vois quel monstre je suis! Je le poignardai! Frappe! Je le tuai ! c'était mon frère !

Otbert, comme fou et hors de lui, lève le couteau. Il va frapper. Quelqu'un lui arrête le bras. Il se retourne et reconnaît Vempereur.

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