‹ Théâtre de VoltaireChapitre 119 sur 339 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ORESTE, PYLADE, PAMMÈNE.

PYL A DE.

O qui que vous soyez, tournez vers nous la vue! La terre où je vous parle est pour nous inconnue ; Vous voyez deux amis et deux infortunés , A la fureur des flots long-temps abandonnés. Ce lieu nous doit-il être ou funeste ou propice?

PAMMÈNE.

Je sers ici les dieux, j'implore leur justice;

J'exerce en leur présence, en ma simplicité, Les respectables droits de l'hospitalité. Daignez, sous l'humble toit qu'habite ma vieillesse, Mépriser des grands rois la superbe richesse : Venez ; les malheureux me sont toujours sacrés.

Sage et juste habitant de ces bords ignorés,

Que des dieux par nos mains la puissance immortelle

De votre piété récompense le zèle !

Quel asile est le votre, et quelles sont vos lois?

Quel souverain commande aux lieux où je vous vois ?

P A M MÈNE

Egisthe règne ici ; je suis sous sa puissance.

Egisthe? ciel! 6 crime! 6 terreur! 6 vengeance l

PYLADE

Dans ce péril nouveau gardez de vous trahir.

Egisthe ? justes dieux! celui qui fît périr...

Lui-même.

Et Glytemnestre après ce coup funeste.,.

PAMMÈNE.

Elle règne avec lui : Funivers sait le reste.

Ce palais, ce tombeau...

PAMMÈNE.

Ce palais redouté Est par Egisthe même en ce jour habité. Mes yeux ont vu jadis élever cet ouvrage

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