‹ Théâtre de VoltaireChapitre 122 sur 339 · ÉGISTHE, CLYTEMNESTRE · texte numérisé non relu

ÉGISTHE, CLYTEMNESTRE

ÉGISTHE

Clytemnestre, vos dieux ont gardé le silence l3 : En moi seul désormais mettez votre espérance; Fiez-vous à mes soins; vivez , régnez en paix, Et d'un indigne fils ne me parlez jamais. Quant au destin d'Electre , il est temps que j'y pense. De nos nouveaux desseins j'ai pesé l'importance x4 : Sans doute, elle est à craindre ; et je sais que son nom Peut lui donner des droits au rang d'Agamemnon ; Qu'un jour avec mon fils Electre en concurrence Peut dans les mains du peuple emporter la balance. Vous voulez qu'aujourd'hui je brise ses liens, Que j'unisse par vous ses intérêts aux miens? Vous voulez terminer cette haine fatale, Ces malheurs attachés aux enfants de Tantale ? Parlez-lui; mais craignons tous deux de partager La honte d'un refus qu'il nous faudrait venger. Je me flatte avec vous qu'un si triste esclavage Doit plier de son cœur la fermeté sauvage; Que ce passage heureux , et si peu préparé , Du rang le plus abject à ce premier degré, Le poids de la raison qu'une mère autorise, L'ambition surtout la rendra plus soumise»

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