‹ Théâtre de VoltaireChapitre 165 sur 339 · ACTE V, SCÈNE [X. jj · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE [X. jj

Clytemnestre , Tantale, Atrée, attendez-moi! Je vous suis aux enfers, éternelles victimes; Je dispute avec vous de tourments et de crimes.

ÉLECTRIi.

Qu'avez-vous fait , cruel ?

Elle a voulu sauver...

Et les frappant tous deux... Je ne puis achever.

ELECTRE

Quoi ! de la main d'un fils? quoi ! par ce coup funeste , Vous...

Non., ce n'est pas moi ; non, ce n'est point Oreste; Un pouvoir effroyable a seul conduit mes coups. Exécrable instrument d'un éternel courroux , Banni de mon pays par le meurtre d'un père J2, Banni du monde entier par celui de ma mère , Patrie, états, parents, que je remplis d'effroi, Innocence, amitié, tout est perdu pour moi! Soleil, qu'épouvanta cette affreuse contrée, Soleil, qui reculas pour le festin d'Atréc, Tu luis encor pour moi ! tu luis pour ces climats! Dans l'éternelle nuit tu ne nous plonges pas ! Dieux, tyrans éternels, puissance impitoyable33, Dieux qui me punissez, qui m'avez fait coupable! Eh bien! quel est l'exil que vous me destinez? Quel est le nouveau crime ou vous me condamnez ? Parlez... Vous prononcez le nom de la Tauride : J'y cours, j'y vais trouver la prêtresse homicide, Qui n'offre que du sang à des dieux en courroux , A des dieux moins cruels, moins barbares que vous. Théâtre. V. 16

l[\<ï. ORESTE.

ELECTRE

Demeurez : conjurez leur justice et leur haine.

PYLADE

Je te suivrai partout où leur fureur t'entraîne.

Que l'amitié triomphe, en ce jour odieux,

Des malheurs des mortels, et du courroux des dieux

Page 1