DE LA TRAGÉDIE V'ORESTE
* Édition de 1760 :
P AMMÈIÎE.
O respectable Iphise ! ô fille de mon roi ! Relégué comme vous dans ce séjour d'effroi , Les secrets d'une cour en horreurs si fertile Pénètrent rarement dans mon obscur asile , etc.
* Iphise continue ,
Peut-être que ma sœur, etc.
et parle seule jusqu'à la fin de la scène.
3 Ah! plutôt dans les maux où mon cœur est en proie, Puissent mes cris troubler leur odieuse joie!
(Electre de Longepierke, I, 2.)
4 C'est ici qu'arrêté dans le piège ,
Mon père succomba sous un fer sacrilège. (Ibid. I, 1. )
5 Le temps auprès des dieux ne prescrit point le crime : Leur bras sait tôt ou tard atteindre sa victime ; Ce bras sur le coupable est toujours étendu *, Et va frapper un coup si long-temps attendu. ( Ibid. II , 1. )
6 IPHISE.
Dieux qui la préparez, que vous tardez long-temps! Auprès de ce tombeau je languis désolée; Ma sœur plus malheureuse , à la cour exilée, Ma sœur est dans les fers ; et l'oppresseur en paix , Indignement heureux , jouit de ses forfaits.
ELECTRE
Vous le voyez, Pammène ; Égisthe renouvelle
De son hymen sanglant la pompe criminelle ,
Et mon frère exilé de déserts en déserts , etc. K.
— Cette variante n'est tout au plus qu'une seconde leçon. On
* Vers à'Jthali"
ll\[\ NOTES ET VARIANTES
voit par une lettre à mademoiselle Clairon, du 12 janvier 1750, que le rôle d'Electre contenait ces vers :
Sans trouble, sans remords, Égisthe renouvelle
De son hymen affreux la pompe criminelle....
Vous vous trompiez, ma sœur; hélas! tout nous trahit.
La même lettre contient un autre vers pour un autre passage. B.
7 On lit dans V Electre de Crébillon , acte Ier, scène 6 :
Ah ! je ne vous hais pas ; et malgré ma misère , Malgré les pleurs encordont j'arrose ces lieux, Ce n'est que du tyran que je me plains aux dieux.
8 ÉGtSTHE.
Songez....
CLYTEMNESTRE
Non , laissez-moi , dans ce trouble mortel . Consulter de ces lieux l'oracle solennel.
ÉGISTHE
Madame, à mes desseins metti:a-t-il des obstacles?...
Qui t'a livré le fils , qui t'a promis le père , Qui veille sur le juste , et venge les forfaits.
o r e s TE.
Ce dieu , dans sa colère , a repris ses bienfaits ; Sa faveur est trompeuse , et dans toi je contemple Des changements du sort un déplorable exemple. As-tu , dans ces rochers qui défendent ces bords , Où nous avons pris terre après de longs efforts , As-tu caché cette urne et ces marques funèbres , Qu'en des lieux détestés, par le crime célèbres , Dans ce champ de Mycène où régnaient mes aïeux , Nous devions apporter par les ordres des dieux , Cette urne qui contient les cendres de Plistène , Ces dépôts , ces témoins de vengeance et de haine , Qui devaient d'un tyran tromper les yeux cruels ?
PÏLADE.
Oui, j'ai rempli ces soins.
o R e s TE.
O décrets éternels !
Quel fruit tirerons nous de cette obéissance ? Ami, qu'est devenu le jour de la vengeance ? Reverrai -je jamais ce palais, ce séjour,
DORESTE. >J\5
Ce lieu cher et terrible où j'ai reçu le jour ? Où marcher, où trouver cette sœur généreuse Dont la Grèce a vanté la vertu courageuse, Que l'on admire, hélas! qu'on n'ose secourir, Qui conserva ma vie , et m'apprit à souffrir; Qui , digne en tous les temps d'un père magnanime, N'a jamais succombé sous la main qui l'opprime ? Quoi donc! tant de héros, tant de rois, tant d'états, Ont combattu dix ans pour venger Ménélas? Agamemnon périt , et la Grèce est tranquille ? Dans l'univers entier son fils n'a point d'asile ; Et j'eusse été sans toi , sans ta tendre amitié , Aux plus vils des mortels un objet de pitié : Mais le ciel me soutient quand il me persécute ; Il m'a donné Pylade , et ne veut point ma chute : Il m'a fait vaincre au moins un indigne ennemi , Et la mort de mon père est vengée à demi. Mais que nous servira cette cendre funeste Que nous devions offrir pour la cendre d'Oreste ? Quel chemin peut conduire à cette affreuse cour ?
Regarde ce palais, etc. ^
Il gémit : tout mortel est-il né pour souffrir ! Que je te crains !
PAMMENE.
Vous, seigneur ! ô destins! ô céleste justice!
Vous , lui sacrifier ! Parmi ses ennemis ,
Je me tais.... Mais , seigneur, mon maître avait un fils.
ÉGISTHE
Vous l'avez donc voulu ; votre crainte inquiète A des dieux vainement consulté l'interprète; Leur silence ne sert qu'à vous désespérer : Mais Égisthe vous parle , et doit vous rassurer. A vous-même opposée, et par vos vœux trahie, Craignant la mort d'un fils et redoutant sa vie, Votre esprit ébranlé ne peut se raffermir. Ah ! ne consultez point , sur un sombre avenir, Des confidents des dieux l'incertaine réponse. Ma main fait nos destins, et ma voix les annonce . Fiez-vous à mes soins , etc.
"4 De vos nouveaux desseins , etc.
15 C'est ainsi qu'on lit dans les éditions de 1750, ijSi, 1752,
1754, 1766, 1768 ( in-40 ) » 1775, et sans doute dans beaucoup d'autres. Les éditeurs de Kehl ont mis : Je t'aimai. B.
16 Crébillon dans son Electre, IV, 1 :
I] est mort ; cependant si j'en crois à mes yeux, Oresle vit encore , Oresle est en ces lieux. B.
'7 On lit dans Y Electre de Crébillon, IV, 2 :
Le tombeau de mon père encor mouille de pleurs ; Qui les aurait versés? qui l'eût couvert de fleurs ? B.
,8 Crébillon a dit, IV, 1 :
Un fer, signe certain qu'une main se prépare A venger ce grand roi des fureurs d'un barbare. Quelle main s'arme encor contre ses ennemis ? Qui jure ainsi leur mort , si ce n'est pas son fils ? B.
*o Venez à ce tombeau , vous pouvez l'honorer ; Et l'on ne vous a pas défendu d'y pleurer. Cet étranger, etc.