‹ Théâtre de VoltaireChapitre 190 sur 339 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

CICÉRON

Vous-même jugez-vous; l'avez-vous mérité?

C ATILIN A.

Non, mais j'ai trop daigné m'abaisser à l'excuse; Et plus je me défends , plus Cicéron m'accuse. Si vous avez voulu me parler en ami , Vous vous êtes trompé , je suis votre ennemi : Si c'est en citoyen , comme vous je crois l'être , Et si c'est en consul, ce consul n'est pas maître; Il préside au sénat, et je peux l'y braver.

CICÉRON

J'y punis les forfaits; tremble de m'y trouver. Malgré toute ta haine, à mes yeux méprisable, Je t'y protégerai, si tu n'es point coupable : Fuis Rome, si tu l'es.

CATILINA

C'en est trop; arrêtez.

C'est trop souffrir le zèle où vous vous emportez. De vos vagues soupçons j'ai dédaigné l'injure; Mais après tant d'affronts que mon orgueil endure, Je veux que vous sachiez que le plus grand de tous N'est pas d'être accusé, mais protégé par vous.

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