‹ Théâtre de VoltaireChapitre 191 sur 339 · CICÉRON, CATON · texte numérisé non relu

CICÉRON, CATON

C1CÉRON.

Eh bien! ferme Caton16, Rome est-elle en défense?

c ATON.

Vos ordres sont suivis. Ma prompte vigilance

A disposé déjà ces braves chevaliers

Qui sous vos étendards marcheront les premiers.

Mais je crains tout du peuple, et du sénat lui-même.

cicéron.

Du sénat ?

CATON

Enivré de sa grandeur suprême1?, Dans ses divisions il se forge des fers.

CICÉRON

Les vices des Romains ont vengé l'univers18,

La vertu disparaît, la liberté chancelle;

Mais Rome a des Catons, j'espère encor pour elle.

CATON

Ah ! qui sert son pays sert souvent un ingrat.

Votre mérite même irrite le sénat;

Il voit d'un œil jaloux cet éclat qui l'offense.

cicéron.

Les regards de Caton seront ma récompense. Au torrent de mon siècle, à son iniquité, J'oppose ton suffrage et la postérité.

Fesons notre devoir : les dieux feront le reste.

CATON

Eh! comment résister à ce torrent funeste,

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