‹ Théâtre de VoltaireChapitre 236 sur 339 · C AT II- IN A · texte numérisé non relu

C AT II- IN A

Dans ces affreux moments puis-je compter sur vous? Vous serai-je encor cher?

AU RÉ LI E

Oui , mais il faut me croire.

Je défendrai tes jours , je défendrai ta gloire. J'ai haï tes complots , j'en ai craint le danger; Ce danger est venu , je vais le partager. Je n'ai point tes fureurs, mais j'aurai ton courage; L'amour en donne au moins ; et malgré ton outrage , Malgré tes cruautés, constant dans ses bienfaits, Cet amour est encor plus grand que tes forfaits.

CATILINA

Eh bien ! que voulez-vous ? que prétendez-vous faire ?

AURÉLIE

Mourir, ou te sauver. Tu sais quel est mon père :

En moi de ses vieux ans il voit l'unique appui.

Il est sensible , il m'aime , et le sang parle en lui.

Je vais lui déclarer le saint nœud qui nous lie ,

Il saura que mes jours dépendent de ta vie.

Je peindrai tes remords : il craindra devant moi

D'armer le désespoir d'un gendre tel que toi ;

Et je te donne au moins , quoi qu'il puisse entreprendre ,

Le temps de quitter Rome , ou d'oser t'y défendre.

J'arrêterai mon père au péril de mes jours.

CATILINA, après un moment de recueillement. Je reçois vos conseils ainsi que vos secours , Je me rends.... le sort change.... il faut vous satisfaire.

3^ Edition de Berlin :

Que l'horrible destin du nœud qui nous rassemble Ne laisse point à Rome un fils qui te ressemble.

CATILINA

Et c'est donc là ce cœur qui me fut si soumis. B.

35 Édition de Berlin :

Et moi je t'aime assez pour arrêter tes crimes , Et je cours de ce pas.

Page 1