SCÈNE II
CICERON, CATON, une partie des sénateurs.
CATON, aux sénateurs.
Cessez de murmurer, remerciez un père.
( à Cicéron. ) Triomphe des ingrats , Rome ici te défère Les noms , les noms sacrés de père et de vengeur.
La lettre à d'Argental, du 8 janvier 1752 , contient une autre version de quelques-uns des premiers vers de cette variante. B.
47 A cette époque, aucun citoyen romain ne pouvait être condamné à mort qu'en violant les lois. Cicéron , avant de faire de l'autorité illimitée qu'il avait reçue un usage contraire à une loi respectée dans Rome et chère au peuple , consulta le sénat. Ce fut dans cette occasion que César et Caton prononcèrent deux discours : Caton , pour prouver la nécessité de faire mourir les conjurés; César, pour proposer de les renfermer seulement dans quelques villes d'Italie. Ces discours nous ont été transmis par Salluste. On ignore, à la vérité, si ce sont réellement ceux que César et Caton ont prononcés dans le sénat, ou des discours de l'invention de Salluste, suivant l'usage des anciens historiens.
Il est à remarquer que César , souverain pontife , dit en plein sénat, dans ce discours, «Qu'il ne faut pas punir de mort les « conjurés, parceque la mort leur ôtera le sentiment de toutes les ■ peines, et celui de leur opprobre; qu'elle serait une grâce plutôt « qu'un supplice ; » il nie hautement les peines après la mort. Soit que César ait fait ce discours, soit que Salluste, auteur contemporain , l'ait attribué au souverain pontife, il en résulte également que les idées religieuses des anciens Romains étaient bien différentes des nôtres. Un auteur qui ne serait pas absolument fou (ce qu'on ne peut supposer de Salluste ) n'introduirait pas dans un livre sérieux un roi d'Angleterre avançant en plein parlement qu'il n'y a rien après la mort, comme une opinion toute simple, et qui ne doit scandaliser personne.