‹ Théâtre de VoltaireChapitre 276 sur 339 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

GENGIS

À mon sort à la fin je ne puis résister; Le ciel me la destine, il n'en faut point douter. Qu'ai-je fait, après tout, dans ma grandeur suprême? J'ai fait des malheureux, et je le suis moi-même; Et de tous ces mortels attachés à mon rang , Avides de combats, prodigues de leur sang, Un seul a-t-il jamais, arrêtant ma pensée, Dissipé les chagrins de mon ame oppressée ? Tant d'états subjugués ont-ils rempli mon cœur? Ce cœur, lassé de tout, demandait une erreur Qui pût de mes ennuis chasser la nuit profonde, Et qui me consolât sur le trône du monde 2°. Par ses tristes conseils Octar m'a révolté: Je ne vois près de moi qu'un tas ensanglanté De monstres affamés et d'assassins sauvages, Disciplinés au meurtre, et formés aux ravages;

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