‹ Théâtre de VoltaireChapitre 283 sur 339 · ACTE Vj SCÈNE T. /|6f · texte numérisé non relu

ACTE Vj SCÈNE T. /|6f

Qu'il m'aime ou me haïsse, il est temps d'achever Des jours que, sans horreur, je ne puis conserver.

asséli.

Ah ! que résolvez-vous?

r DAMÉ.

Quand le ciel en colère De ceux qu'il persécute a comblé la misère, Il les soutient souvent dans le sein des douleurs, Et leur donne un courage égal à leurs malheurs. J'ai pris, dans l'horreur même où je suis parvenue, Une force nouvelle, à mon cœur inconnue. Va, je ne craindrai plus ce vainqueur des humains ; Je dépendrai de moi ; mon sort est dans mes mains.

ASSÉLI.

Mais ce fils, cet objet de crainte et de tendresse, L'abandonnerez-vous ?

IDAMÉ

Tu me rends ma faiblesse, Tu me perces le cœur. Ah ! sacrifice affreux ! Que n'avais-je point fait pour ce fils malheureux ! Mais Gengis, après tout, dans sa grandeur altière, Environné de rois couchés dans la poussière, Ne recherchera point un enfant ignoré, Parmi les malheureux dans la foule égaré; Ou peut-être il verra d'un regard moins sévère Cet enfant innocent dont il aima la mère : A cet espoir au moins mon triste cœur se rend ; C'est une illusion que j'embrasse en mourant. Haïra-t-il ma cendre, après m'avoir aimée?

Théâtre. V. 3o

466 l'orphelin de la chine.

Dans la nuit de la tombe en serai-je opprimée? Poursuivra-t-il mon fils ?

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