‹ Théâtre de VoltaireChapitre 37 sur 339 · LA MARQUISE, LE COMTE, GERMON · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE COMTE, GERMON

GERMON

Voici votre notaire.

LE COMTE

Oh ! qu'il attende.

GERMON

Et voici le papier Quelle devait, monsieur, vous envoyer.

LE COMTE, lisant.

Donne... Fort bien. Elle m'aime, dit-elle, Et, par respect, me refuse... Infidèle!

Tu ne dis pas la raison du refus !

LA. MARQUISE

Ma foi, mon fils a le cerveau perclus : C'est sa baronne; et l'amour le domine.

LE COMTE, à Germon.

M'a-t-on bientôt délivré de Nanine ?

Hélas ! monsieur, elle a déjà repris Modestement ses champêtres habits , Sans dire un mot de plainte et de murmure.

LE COMTE

Je le crois bien.

GERMON

Elle a pris cette injure Tranquillement, lorsque nous pleurons tous.

(So NA1NIJNE.

LE COMTE

Tranquillement?

LA MARQUISE

Hem ! de qui parlez-vous ?

GERMON

Nanine, hélas! madame, que l'on chasse:

Tout le château pleure de sa disgrâce.

LA MARQUISE

Vous la chassez? je n'entends point cela. Quoi! ma Nanine? Allons, rappelez-la.

Qu'a-t-elle fait , ma charmante orpheline ? C'est moi, mon fils, qui vous donnai Nanine. Je me souviens qu'à l'âge de dix ans Elle enchantait tout le monde céans. - Notre haronne ici la prit pour elle ; Et je prédis dès-lors que cette helle Serait fort mal ; et j'ai très hien prédit : Mais j'eus toujours chez vous peu de crédit : Vous prétendez tout faire à votre tête. Chasser Nanine est un trait malhonnête.

Quoi! seule, à pied, sans secours, sans argent?

GERMON

Ah ! j'oubliais de dire qu'à l'instant Un vieux bon-homme à vos gens se présente : Il dit que c'est une affaire importante , Qu'il ne saurait communiquer qu'à vous; Il veut, dit-il, se mettre à vos genoux.

LE COMTE

Dans le chagrin ou mon cœur s'abandonne,

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