LA MARQUISE, LE COMTE, GERMON
GERMON
Voici votre notaire.
LE COMTE
Oh ! qu'il attende.
GERMON
Et voici le papier Quelle devait, monsieur, vous envoyer.
LE COMTE, lisant.
Donne... Fort bien. Elle m'aime, dit-elle, Et, par respect, me refuse... Infidèle!
Tu ne dis pas la raison du refus !
LA. MARQUISE
Ma foi, mon fils a le cerveau perclus : C'est sa baronne; et l'amour le domine.
LE COMTE, à Germon.
M'a-t-on bientôt délivré de Nanine ?
Hélas ! monsieur, elle a déjà repris Modestement ses champêtres habits , Sans dire un mot de plainte et de murmure.
LE COMTE
Je le crois bien.
GERMON
Elle a pris cette injure Tranquillement, lorsque nous pleurons tous.
(So NA1NIJNE.
LE COMTE
Tranquillement?
LA MARQUISE
Hem ! de qui parlez-vous ?
GERMON
Nanine, hélas! madame, que l'on chasse:
Tout le château pleure de sa disgrâce.
LA MARQUISE
Vous la chassez? je n'entends point cela. Quoi! ma Nanine? Allons, rappelez-la.
Qu'a-t-elle fait , ma charmante orpheline ? C'est moi, mon fils, qui vous donnai Nanine. Je me souviens qu'à l'âge de dix ans Elle enchantait tout le monde céans. - Notre haronne ici la prit pour elle ; Et je prédis dès-lors que cette helle Serait fort mal ; et j'ai très hien prédit : Mais j'eus toujours chez vous peu de crédit : Vous prétendez tout faire à votre tête. Chasser Nanine est un trait malhonnête.
Quoi! seule, à pied, sans secours, sans argent?
GERMON
Ah ! j'oubliais de dire qu'à l'instant Un vieux bon-homme à vos gens se présente : Il dit que c'est une affaire importante , Qu'il ne saurait communiquer qu'à vous; Il veut, dit-il, se mettre à vos genoux.
LE COMTE
Dans le chagrin ou mon cœur s'abandonne,