ACTE II | SCÈNE XIII
Suis-je en état de parler à personne i}
LA MARQUIS F
Ah ! vous avez du chagrin , je le croi ; Vous m'en donnez aussi beaucoup à moi.
Chasser Nanine, et faire un mariage Qui me déplaît ! non , vous n'êtes pas sage. Allez; trois mois ne seront pas passés Que vous serez l'un de l'autre lassés.
Je vous prédis la pareille aventure Qu'à mon cousin le marquis de Marmure.
Sa femme était aigre comme verjus; Mais, entre nous, la votre l'est bien plus. En s'épousant, ils crurent qu'ils s'aimèrent; Deux mois après tous deux se séparèrent : Madame alla vivre avec un galant, Fat , petit-maître , escroc , extravagant ; Et monsieur prit une franche coquette, Une intrigante et friponne parfaite ; Des soupers fins , la petite maison , Chevaux , habits , maître d'hôtel fripon , Bijoux nouveaux pris à crédit , notaires , Contrats vendus, et dettes usuraires :
Enfin monsieur et madame, en deux ans, A l'hôpital allèrent tout d'un temps. , Je me souviens encor d'une autre histoire, Rien plus tragique , et difficile à croire ; C'était...
LE COMTE
Ma mère , il faut aller dîner.
Venez... O ciel ! ai-je pu soupçonner Pareille horreur!
6a JN ANIME.
LA MARQUISE
Elle est épouvantable.
Allons, je vais la raconter à table; Et vous pourrez tirer un grand profit En temps et lieu de tout ce que j'ai dit.
FIN Dir SECOND ACTE.